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Un pari d'avenir

La polyvalence balade Johan Djourou, le Genevois d'Arsenal, entre défense et milieu de terrain. Elle le privera d'un poste de titulaire à l'Euro en attendant de s'établir comme demi défensif. Johan Djourou retire son survêtement. Il se prépare à effectuer son entrée sur le terrain contre la Slovaquie. «Müller cède sa place à Djourou», annoncent les haut-parleurs du Cornaredo. Les deux hommes se croisent sur la ligne de touche. «Grichting remplace Lichsteiner», enchaîne le préposé au micro. Le terrain présente une version différente. Djourou file sur le côté droit, en position de latéral, pendant que le Valaisan s'installe dans l'axe au côté de Senderos.

27 mai 2008, 12:00

Cet exil involontaire éloigne doublement Djourou de son poste de prédilection en ligne médiane. «Demi devant la défense est le poste où mes qualités s'expriment le mieux», commente-t-il. «Arsène Wenger (réd.: entraîneur d'Arsenal) me le dit aussi. Malheureusement nous ne jouons pas un système qui me permet de tenir cette place comme le fait Claude Makelele à Chelsea.»

Gökhan Inler et Gelson Fernandes s'imposent depuis l'été en équipe nationale dans la portion de terrain convoitée par Djourou. «Je n'ai pas eu beaucoup de possibilités ici de démontrer mes capacités en ligne médiane», avoue-t-il. «J'espère que ma chance viendra dans les prochaines années. Ma grande préoccupation aujourd'hui n'est pas de savoir si je joue en défense ou au milieu, dans l'axe ou sur le côté. Je n'ai que 21 ans, j'ai déjà beaucoup appris et j'apprends toujours. Le discours sera différent lorsque j'aurai 26 ou 27 ans. A cet âge-là, on veut être fixé sur le terrain, on veut pouvoir exploiter son potentiel au maximum.»

Sa polyvalence n'est-elle pas un handicap dans une sélection? «Non, elle est une chance pour l'instant, elle m'aide. Elle pourrait être défavorable plus tard. Je nourris de grandes ambitions pour le futur, dont celle de m'imposer comme demi défensif, c'est naturel à cet instant de ma carrière.»

Le chassé-croisé entre Müller et Djourou ne s'est pas effectué uniquement sur la pelouse du Cornaredo. Le rétablissement accéléré du premier pousse le second vers le banc de touche en vue de l'Euro. «Nous avons vu dix titulaires sur onze samedi contre les Slovaques, je partage votre analyse (réd.: l'interrogation concerne Tranquillo Barnetta sur le côté gauche). Patrick fait son match, il a de l'expérience, c'est la décision de l'entraîneur. Je ne peux rien dire, je ne suis pas déçu. L'équipe de Suisse a besoin de lui.»

Les internationaux font ménage commun depuis plus d'une semaine, douze jours précèdent le premier match de l'Euro contre la République tchèque. «Ce séjour est important pour nourrir et renforcer la solidarité du groupe. Cette force se construit sur la longueur, le contexte est bien plus favorable que celui d'un match où le stage se résume à quatre ou cinq jours ensemble.»

Prêté à Birmingham en début de saison, le Genevois s'est blessé dès son retour à Arsenal ce printemps. «Wenger m'avait assuré que je revenais pour jouer. Une pubalgie m'a bloqué pendant trois mois, c'est le foot.» Les départs annoncés du Français Mathieu Flamini (Milan AC) et du Brésilien Gilberto libéreront des places en ligne médiane pour la saison prochaine. «Mon avenir est à Arsenal avec qui mon contrat me lie jusqu'en 2013.» Le prochain défi de Djourou sera d'effacer l'étiquette de joker que sa polyvalence lui colle aux crampons. A Arsenal et avec l'équipe nationale. / SFO

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