Schwarz Etienne: une marque horlogère qui se met à l'heure de l'éthique

Travailler de manière honnête et propre, dans le respect de l'Humain. Cette profession de foi est devenue la ligne de conduite pour Schwarz Etienne. Fondée en 1902, tombée dans l'oubli, la marque horlogère chaux-de-fonnière renaît de ses cendres avec comme mot d'ordre: l'éthique. Une notion presque incongrue dans un monde horloger qui de nos jours utilise plus volontiers le langage des chiffres. «Pourtant, c'est bien dans cet univers qu'il faudrait entendre ce genre de discours», souligne Marc Barrachina, directeur de l'entreprise. Ce Chaux-de-Fonnier d'origine italienne a bien roulé sa bosse dans l'industrie horlogère. Aujourd'hui, il s'avoue «lassé d'une certaine manière de travailler, de cette course stérile au profit à tout prix, à toujours vouloir être les meilleurs».

04 avr. 2008, 12:00

Le commerce équitable, l'éthique sont des notions à mode. Mais pour Schwarz Etienne, ce n'est pas un concept marketing. Plutôt un véritable art de vivre partagé par les trois co-associés qui ont ravivé la marque. Pour suivre son credo, Schwarz Etienne tient à rémunérer ses fournisseurs honnêtement, sans faire de dumping sur les prix, ou s'assurer que les matériaux de base (métaux, cuirs, diamants, etc.) ont été produits de manière équitable et dans le respect de l'environnement.

Afin de matérialiser ce principe, une charte éthique est en préparation. Un document que la marque respectera, mais fera aussi respecter à ses fournisseurs. «Certains ont été surpris lorsque nous leur avons parlé de ça. Mais ils ont souvent joué le jeu, car ils étaient déjà sensibles à ce genre d'idées», souligne Marc Barrachina. La marque entend aussi à l'avenir garantir une traçabilité maximale des produits qu'elle utilise. Jusqu'au poignet de l'acheteur, en s'assurant que ses distributeurs sont aussi acquis à ses principes.

Esthétiquement, techniquement, les montres éthiques de Schwarz Etienne n'ont rien à envier aux productions classiques. La collection compte même plusieurs tourbillons. Les modèles évoluent dans une gamme de prix entre 3000 et 10 000 francs, sans compter les pièces exceptionnelles de haute horlogerie destinées aux collectionneurs.

A l'image des produits «bio», jadis chers et médiocres, devenus de nos jours abordables et bons, la production éthique pourrait bien donner des leçons à l'industrie d'aujourd'hui. Comme conclut Marc Barrachina en évoquant les montres de sa marque, «elles sont la preuve qu'on peut aussi faire de belles choses en respectant le monde dans lequel on vit». / PDL