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Unia dénonce les conditions de travail chez Migros

Al'occasion d'une conférence de presse tenue hier à Berne, Unia a réitéré les reproches qu'elle a déjà adressés à Migros via différents médias les jours précédents. Le syndicat lui enjoint de renoncer à cette augmentation de deux heures de la durée du travail, qui concerne 10% de l'effectif, soit quelque 8000 personnes.

31 mai 2008, 12:00
Aux yeux du syndicat Unia, Migros fait office de précurseur dans la détérioration des conditions de travail, notamment en portant sa durée à 43 heures hebdomadaires pour une partie des employés. Le grand distributeur réfute sèchement ces accusations.

La mesure touchera dès juillet les collaborateurs et collaboratrices travaillant dans les entreprises de production (notamment la filiale de produits carnés Micarna), la restauration, la logistique, les activités de loisir et l'Ecole club Migros. Ils recevront en compensation une augmentation salariale de 2%, qui s'ajoute à d'autres adaptations des rémunérations en vigueur depuis janvier. Pour Andreas Rieger, coprésident d'Unia, la prolongation de la durée du travail de 4,9% assortie de cette compensation salariale de 2% est «un mauvais signal». Et cela d'autant plus que la productivité du personnel en termes de chiffre d'affaires n'a cessé de croître ces dernières années, de 323 000 francs en moyenne par poste complet en 2004 à 369 000 francs l'an dernier.

Reste que la convention collective de travail (CCT) du distributeur, valable sur la période 2007-2010, prévoit que la durée du travail peut être allongée dans les entreprises Migros à 43 heures, à l'exception toutefois des employés du commerce de détail.

Au moment de la conclusion de la nouvelle convention, Unia avait déjà critiqué cette flexibilité horaire. Le syndicat, tout comme Syna, ne figure toutefois plus parmi les parties contractantes de Migros, qui le juge insuffisamment représentatif. Selon Migros, qui dit se baser sur les propres données du syndicat, seuls 2,5% de ses employés sont membres d'Unia.

Dans un communiqué publié en réponse aux attaques du syndicat, Migros écrit qu'il s'en prend à la mauvaise cible. Selon le distributeur, le respect de sa CCT nationale lui coûte à lui seul 600 millions de francs par an. Et de rappeler que, depuis 2001, il a augmenté ses salaires nominaux en moyenne de 17,5%, soit une hausse réelle de 10,5%.

Quant au salaire mensuel minimal de 3300 francs appliqué dans certaines régions, qu'Unia juge aussi trop bas, le groupe fait remarquer qu'il ne concerne que 0,3% de ses salariés. «Un syndicat qui même dans une branche aussi productive que l'horlogerie a donné son aval à un salaire minimal de 2400 francs devrait se montrer prudent dans ses critiques», ironise Migros.

Et selon Migros, c'est aussi «grâce à Unia que l'industrie des machines peut relever jusqu'à 45 heures hebdomadaires le temps de travail sans aucune compensation salariale». Les employés touchés par la hausse du temps de travail chez Migros recevront par contre jusqu'à 6% de salaire supplémentaire, affirme encore le distributeur. / ats

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