Votre publicité ici avec IMPACT_medias

Un millier de riches Allemands traqués pour fraude fiscale

L'Allemagne a lancé hier une vaste série de perquisitions dans le plus grand scandale de fraude fiscale de son histoire. L'affaire agite la classe politique à six jours d'une élection régionale et après plusieurs scandales dans les milieux économiques. La justice allemande enquête sur un bon millier de riches contribuables, soupçonnés d'avoir caché des fonds au Liechtenstein pour échapper au fisc. La fraude pourrait atteindre les 6,5 milliards de francs. Les enquêteurs ont perquisitionné hier à Munich, à Francfort, capitale financière du pays, à Hambourg, mais aussi à Bochum, Ulm ou Stuttgart, ont rapporté plusieurs médias allemands.

19 févr. 2008, 12:00

«Le fait qu'il y ait eu des fraudes fiscales est regrettable. Il faut enquêter et les clarifier», a déclaré la chancelière Angela Merkel hier, en appelant à la fois à la «pondération» et à une harmonisation européenne de la «transparence» fiscale. «Le Liechtenstein est un pays qui fait encore l'objet de questions», a-t-elle dit, alors qu'elle recevra demain Otmar Hasler, chef du gouvernement de la principauté, considérée comme un paradis fiscal.

L'affaire a démarré avec la perquisition spectaculaire jeudi du domicile et des bureaux du patron de la Deutsche Post, Klaus Zumwinkel, qui a démissionné de ses fonctions dès le lendemain, après 18 ans à ce poste. Quelque 900 mandats de perquisitions ont été délivrés et 125 procédures d'enquête ouvertes, selon les médias. Des «personnalités clés» d'Allemagne sont visées, a indiqué Berlin. Seul le parquet de Munich a confirmé «des perquisitions», alors que les milieux politique et judiciaire tentent de contenir la déferlante médiatique et que l'industrie s'inquiète des répercussions sur l'économie allemande.

L'Allemagne a connu au cours de la dernière décennie plusieurs scandales de grande ampleur de fraude fiscale et de corruption, qui ont ébranlé la confiance dans les élites: des caisses noires du parti conservateur CDU ou du groupe Siemens aux frasques du comité d'entreprise de Volkswagen. «Les élites sont devenues cupides et ont perdu toute décence», a déclaré hier le ministre des Finances, le social-démocrate Peer Steinbrück.

Les enquêteurs ciblent «des chefs et cadres supérieurs d'entreprises ainsi que des sportifs, des artistes» et des personnalités du monde audiovisuel, affirment les médias. Ils comptent effectuer entre 20 et 25 perquisitions par jour. Certaines personnes auraient commencé à venir se dénoncer, dans l'espoir d'échapper à une condamnation. Le rôle des services secrets allemands était au c?ur du débat hier. Le renseignement est ainsi accusé par certains d'avoir outrepassé son mandat en menant une vaste enquête fiscale et en payant cher des informations volées.

Entre «4 et 5 millions d'euros» ont été versés à un indicateur avec l'aval du gouvernement, a confirmé Berlin. Les données explosives proviennent d'une liste confidentielle volée en 2002 à la banque LGT, propriété de la maison princière du Liechtenstein, par l'un de ses employés, a reconnu la banque.

Plusieurs partis tentent de rebondir sur cette affaire, alors qu'un scrutin régional très attendu est prévu dimanche à Hambourg. Les sociaux-démocrates ont appelé hier à la sévérité en cas de fraude fiscale grave, exigeant des peines de prison plutôt que des amendes.

Un discours partagé par la CDU et La Gauche. Ce parti, qui a le vent en poupe et qui ne cesse de dénoncer le fossé croissant entre une classe de super-riches et le reste des Allemands, espère engranger des voix à Hambourg grâce à ce scandale. / ats-afp

Votre publicité ici avec IMPACT_medias