Tata prend le volant de Jaguar et Land Rover

Tata Motors rachète les célèbres marques automobiles britanniques Jaguar et Land Rover au géant américain Ford pour 2,3 milliards de francs. L'acquisition signe l'entrée du groupe indien dans le cercle difficile de la voiture de luxe. Cette opération spectaculaire, au c?ur de l'industrie automobile européenne, a fait l'objet d'un «accord définitif» entre Tata Motors et Ford et «comprend l'acquisition des marques, usines et droits de propriété intellectuels», a fait savoir hier le groupe.

27 mars 2008, 12:00

Le transfert de propriété devrait être bouclé d'ici à la fin du prochain trimestre, une fois obtenues toutes les autorisations des autorités de la concurrence. Ford contribuera à hauteur de 600 millions de dollars au financement des fonds de retraite de ses ex-filiales anglaises. Ratan Tata, le président du conglomérat indien, a exprimé son «immense respect pour les deux marques» et promis de «préserver leur héritage, leur compétitivité et maintenir leurs identités intactes». Le patron de Ford, Alan Mulally a répondu que «Jaguar et Land Rover étaient des marques fantastiques», que Ford y avait laissé son «empreinte», estimant qu'elles continueront de «prospérer sous la direction de Tata».

Le puissant syndicat britannique Unite qui depuis des mois s'était dit favorable à l'opération, a regretté que Ford n'ait pas conservé une participation dans ces deux symboles de l'automobile anglaise.

Le géant américain, en difficulté, va se «concentrer sur l'intégration mondiale de sa marque Ford afin de dégager une croissance rentable pour tous», selon son patron. Ford continuera toutefois de fournir aux deux marques des éléments de moteurs et d'autres composants et fera des transferts de technologies.

L'américain avait acquis Jaguar en 1989 pour 1,6 milliard de livres (3,2 milliards de francs) et Land Rover en 2000 pour 1,7 milliard de livres. Il souhaitant les revendre et avait désigné en janvier Tata Motors comme son acheteur favori.

En s'emparant de ces deux constructeurs prestigieux, l'indien fait une nouvelle percée en Grande-Bretagne après l'acquisition du producteur d'acier anglo-néerlandais Corus, en janvier 2007 pour plus de 10 milliards d'euros. Il se propulse aussi dans les voitures haut de gamme où il n'a aucune expérience.

Tata Motors, premier constructeur indien de camions et d'autocars, s'est lancé dans l'automobile en 1999 avec une petite voiture rudimentaire, l'Indica. En janvier dernier, Tata Motors dévoilait la Nano, l'auto la moins chère du monde, à 2500 dollars, dont il espère écouler un million d'exemplaires en Inde et dans d'autres pays émergents. /ats-afp