Tancée par l'UE, la Belgique gèle plus d'un milliard d'euros

Afin de se conformer aux exigences de l'Union Européenne, la Belgique gèle plus d'un milliard d'euros de dépenses.
07 janv. 2012, 17:23
Tancée par l'Union Européenne, la Belgique gèle plus d'un milliard d'euros durant quelques mois.

La Belgique a décidé de geler plus d'un  milliard d'euros de dépenses «pendant quelques mois» pour se  conformer aux exigences de la Commission européenne, a expliqué le  ministre belge du Budget, Olivier Chastel, samedi sur RTL-TVI.

La Commission européenne a mis en garde le gouvernement belge à  propos du budget fédéral 2012, jugeant que le chiffre du déficit  prévu par le gouvernement d'Elio Di Rupo était trop optimiste, et a  réclamé en conséquence dans une lettre des efforts supplémentaires  de 1,2 à 2 milliards d'euros.

«La commission nous avait laissé le choix, soit de nouvelles  mesures tout de suite en un week-end pour 1,2 milliard, ce que nous  nous sommes refusés à faire, ou alors geler un certain nombre de  dépenses, l'espace de quelques mois, et c'est cette option-là que  nous avons choisie», a expliqué M. Chastel.

Réserve budgétaire

La Commission, qui doit se prononcer sur le budget belge le 11  janvier, avait dit, dans sa lettre, attendre une réponse «lundi  matin au plus tard». Elle avait en effet proposé une solution de  rechange sous la forme d'une «réserve budgétaire (...) en gelant (au  moins temporairement) certaines dépenses».

Mais ce gel ne présage pas des décisions qui seront prises en  février, lorsque le gouvernement belge réexaminera le budget, a  expliqué M. Chastel.

Transports concernés

En attendant, selon RTL, le principal poste de dépenses gelé  concernera les chemins de fer, à hauteur de 400 millions d'euros. La  Défense devra reporter l'achat d'hélicoptères en raison d'un gel de  crédits de 177 millions d'euros.

La Commission estime que le gouvernement belge a surévalué le  gain de certaines mesures budgétaires ainsi que la croissance  économique escomptée, ce que celui-ci conteste.

Dans une interview parue samedi dans La Libre Belgique, le  gouverneur de la Banque centrale de Belgique, Luc Coene, estime lui  aussi que le gouvernement a été trop optimiste, en raison des effets  que la politique de rigueur devrait engendrer.

«Il est clair que toutes ces mesures vont avoir un effet sur la  conjoncture et entraîner un ralentissement plus prononcé que prévu.  La Commission fait simplement état de cet élément-là et demande donc  à l'Etat belge de faire des efforts supplémentaires», souligne-t-il.