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Quand les retraités reprennent du service pour les grandes marques

A l'heure où les horlogers sont devenus très recherchés sur le marché du travail, Jean-Jacques Racine, 67 ans, continue de travailler sur mandat pour son employeur. A la grande satisfaction des deux parties. Toujours vaillant à 67 ans et toujours mû par l'intérêt du métier, Jean-Jacques Racine continue d'?uvrer à l'établi chez Tag Heuer. En âge AVS depuis deux ans, il travaille sur un projet qui le conduit encore régulièrement de Bienne, où il vit, aux ateliers chaux-de-fonniers de l'entreprise. L'horloger avait débuté en 1960 chez Heuer (devenue Tag-Heuer en 1985) à Bienne. Il n'a jamais quitté la marque depuis, lui restant fidèle même après le cap fatidique des 65 ans.

03 sept. 2007, 12:00

Directeur du service après-vente, Jean-Jacques Racine avait fait savoir, à l'heure de partir en retraite, qu'il restait à disposition pour identifier des pièces si nécessaire... «Je n'ai pas eu de nouvelles pendant quelques mois, puis la maison m'a contacté. Elle m'a confié un ou deux mandats avant le projet que je mène actuellement. En fait, j'avais commencé d'y travailler lorsque j'étais encore employé.»

Jean-Jacques Racine s'organise «assez librement», venant à l'atelier quelques jours par mois, au gré des lots de montres à traiter et des délais. «Parfois je viens deux jours par semaine, parfois moins», le rythme est décidé en concertation avec le responsable du projet.

S'il a choisi de continuer à chausser son micros, c'est par intérêt pour l'histoire de la maison. Rien à voir avec une quelconque appréhension de la retraite... Entre les lignes, on devine une passion pour l'évolution des montres. «Travailler sur les anciens modèles permet de mieux mesurer l'évolution des pièces produites aujourd'hui. La marque est très forte dans l'innovation.»

Chaque fois qu'il repasse la porte de la manufacture, il a plaisir à retrouver ses anciens collègues, «avec qui j'ai quand même passé pas mal de temps!» Garder contact avec le monde du travail est un autre avantage qu'il apprécie. Sans compter qu'il revient sans les pressions qui vont de pair avec la vie active. «Je travaille avec plus de décontraction qu'avant, lorsque je dirigeais le service après-vente. C'est justement ce qui est intéressant.»

Mais l'horloger assure qu'il ne sacrifie pas les belles heures de la retraite pour autant: il enfourche régulièrement son VTT, s'offre des bols d'air dans la nature, tout en prenant le temps de visiter d'autres régions du monde avec son épouse. «Avant, je voyageais sans arrêt. J'allais un peu partout pour mettre en place le service après-vente, mais toujours en vitesse. Désormais, je profite de voyager tranquillement, en couple, dans un but culturel.»

Avec 47 ans d'activités dans l'horlogerie, il aura vécu tous les soubresauts de la branche, comme la crise des années septante dont il est un rescapé. «C'était beaucoup de soucis et des interrogations récurrentes, se souvient-il, on se demandait s'il fallait changer de profession, quelle direction prendre.» Mais il affirme qu'il y a toujours cru... Sans imaginer que les ventes de montres atteindraient les sommets actuels. Vu la pénurie d'horlogers que ces ventes engendrent, verra-t-on d'autres retraités se (re) mettre à s'affairer à l'établi? / BRE

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