Petroplus flambe

Le lancement en Bourse du titre du raffineur et négociant pétrolier connaît un gros succès. Petroplus prévoit d'investir 60 millions à Cressier L'action du raffineur et négociant pétrolier Petroplus a suscité un vif intérêt hier à son premier jour de cotation à la Bourse suisse. Il s'agit de la plus importante opération de ce type depuis cinq ans et le placement boursier du réassureur Converium.
01 août 2015, 23:22

Petroplus, dont la holding est basée à Zoug depuis août, a émis ses actions à 63 francs l'unité, un prix se situant dans la moyenne supérieure de la fourchette de souscription. Le titre a d'emblée flambé en ouvrant à 67fr.90. Vers 11h30, il affichait une progression de 6,9% à 67fr.35 francs, dans un marché en léger recul. Première de cette ampleur dans le secteur pétrolier en Suisse, l'opération constitue au passage le plus gros placement d'actions réalisé depuis décembre 2001. Il faut en effet remonter à l'entrée en Bourse de Converium (ex-Zurich Re) pour retrouver une capitalisation nouvelle dépassant les 3 milliards de francs.

La cotation permet de lever une somme brute d'un peu plus de 2,5 milliards de francs. L'option de surallocation porte quant à elle sur 6 millions de titres. L'opération donne à Petroplus une capitalisation boursière supérieure à 3,8 milliards de francs. Ce montant fait d'ores et déjà de Petroplus, qui emploie 1100 personnes, un poids lourd par rapport aux précédentes entrées à la Bourse suisse. Hier à la mi-journée, le titre Petroplus générait les plus gros volume et chiffre d'affaires, avec 5 millions d'unités échangées représentant 330 millions de francs.

Petroplus est connu pour être le propriétaire de la raffinerie de Cressier, l'une des deux installations du genre que compte la Suisse avec Collombey (VS), détenue elle par Tamoil. Le site neuchâtelois, qui est plus grand, possède une capacité de 68.000 barils (1 baril = 159 litres) par jour.

Longtemps en mains de Shell, la raffinerie de Cressier fonctionne depuis bientôt 40 ans et emploie plus de 200 personnes. Petroplus prévoit d'y investir 60 millions de francs. Selon les observateurs, la société figure parmi les repreneurs possibles pour Tamoil, dont l'Etat libyen cherche à vendre une part majoritaire.

Un poids lourd

Avant sa cotation, l'entreprise était contrôlée depuis l'an dernier par le fonds d'investissements américain Carlyle. Outre Cressier, Petroplus exploite deux autres raffineries, l'une en Belgique, l'autre en Grande-Bretagne. L'acquisition d'un site en Allemagne est en voie de concrétisation.

La capacité de raffinage totale s'élève à 295.000 barils par jour. Si le rachat de la raffinerie d'Ingolstadt se concrétise, elle passerait à plus de 400.000 barils par jour. Petroplus se présente comme l'un des plus grands raffineurs et fournisseurs de produits pétroliers sans marque en Europe. / ats