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«Pas plus compliqué, mais plus complexe»

Expert en assurances sociales, le Biennois François Wagner est devenu consultant indépendant après avoir travaillé dix ans pour le compte de l'assurance chômage. Il jette un regard avisé sur un domaine en perpétuelle évolution.

06 mai 2007, 12:00

François Wagner, depuis février, vous animez tous les vendredis dans ces colonnes la rubrique «Ces chères assurances». Vous avez tiré un recueil de vos chroniques. Qu?est-ce qui vous a motivé? Mon idée est de rendre accessible ce domaine au maximum de personnes, de leur permettre d'obtenir une réponse rapide à leurs questions.

Vous rendez compte de cas précis, mais peut-on les généraliser? C'est justement mon objectif. Il y a effectivement des personnes qui me soumettent des situations très particulières qui ne peuvent faire l'objet d'un article. Je sélectionne donc des questions qui peuvent intéresser un large public. Le but est de proposer quelque chose de très pertinent, tiré de situations quotidiennes, avec un enseignement pratique pour tous.

Le monde des assurances sociales devient-il de plus complexe? Oui, indéniablement. Il y a de plus en plus de jurisprudence, de doctrine. Le domaine des assurances sociales s'est élargi à la maternité, bientôt aux allocations familiales. Il n'est donc pas plus compliqué, mais plus complexe, si l'on considère la masse d'informations qu'il faut désormais maîtriser.

Quel est le domaine qui pose actuellement le plus de problèmes, celui pour lequel vous êtes le plus sollicité? Indiscutablement l'assurance maladie et l'AVS. L'assurance maladie, parce c'est le truc qui fâche, qui coûte toujours plus cher. On me demande ce qui se passe si on ne paie plus ses primes ou comment les réduire. Pourquoi les remboursements sur les médicaments payés par le patient sont effectués tardivement. Dans ce cas, les assureurs n'ont pas de délai à respecter. Quant à l'AVS, les gens qui désirent prendre une retraite anticipée veulent savoir combien il leur restera pour vivre ou si en cas de décès, leur conjoint recevra davantage.

e manière générale, on dit qu?il y a deux types d?assurances, celles qui profitent à l?assuré et celles qui profitent à l?assureur. Est-ce aussi le cas pour les assurances sociales? Oui, malheureusement, même si cela ne devrait pas être le cas pour des assurances sociales. La prévoyance professionnelle profite beaucoup aux assureurs, car 75% d'entre eux sont des organismes privés. Leur but est de réaliser un profit, ce qui n'est pas toujours compatible avec les objectifs de la loi sur la prévoyance professionnelle. Mais les 600 milliards de francs que celle-ci représente suscitent beaucoup de convoitises. Les lobbies des assureurs exercent d'énormes pressions pour empêcher des modifications législatives qui leur seraient défavorables. L'assurance maladie est elle aussi concernée, mais dans une moindre mesure. Quoique, c'est ce que les assureurs veulent bien nous dire. De fait, tous les domaines ouverts aux organismes privés sont touchés. En revanche, l'assurance chômage et l'AVS, qui dépendent de l'Etat, ne sont pas confrontées à cette «tentation».

Les assurés se sont-ils aguerris ces dernières années? Les gens s'informent mieux qu'auparavant. Mais cela n'est pas dû à un marché du travail qui serait devenu plus mouvant, fragile et obligerait les salariés à être plus attentifs. Il faut plutôt y voir un accès facilité à l'information, grâce à internet ou aux médias. Et aussi aux modifications légales qui obligent désormais les caisses de pension à présenter une fois par année aux assurés l'état de leur compte. Ce genre de petites choses améliore la transparence.

S?intéresse-t-on au fonctionnement des assurances sociales avant d?être confronté à un problème? En règle générale, non. C'est à l'approche de la retraite, au plus tôt vers 45-50 ans, que les gens commencent à s'y intéresser. A se demander sur quelle somme ils pourront compter une fois retraités ou comment rattraper leurs années de cotisation. Difficile par contre de sensibiliser un jeune à la prévoyance professionnelle ou à l'AVS alors qu'il débute dans sa vie professionnelle.

Les assurances sociales ne cessent d?évoluer. Une personne peut-elle s?en tirer seule ou le recours à un spécialiste est-il nécessaire? Cela dépend surtout de la situation. Confrontés à un licenciement, les gens se retrouvent souvent complètement perdus. Ils sont obnubilés par la perte de leur emploi et sont incapables de répondre à des demandes, mêmes simples. Ils n'ont plus de volonté. Pourtant, les réponses à leurs questions sont parfois basiques. Ainsi, j'incite fortement chacun à réagir à la situation, plutôt que de la subir. / DJY

«Les assurances sociales au quotidien», 2e recueil des chroniques hebdomadaires publiés dans «Le Journal du Jura», 144 pages.
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