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Nespresso se déclare plutôt «ristrette» sur certains cafés

Nespresso fait face à des difficultés d'approvisionnement sur certaines sortes de café en raison de mauvaises conditions climatiques. La marque subit aussi les effets de la spéculation, a indiqué le patron de la filiale de Nestlé, en proie à la réaction des concurrents.

24 mars 2011, 12:03

«Notre problème No1 un actuellement est de trouver la qualité d'arabica correspondant à nos standards» déclarait hier dans un entretien à l'Agence France Presse Richard Girardot, le directeur général de Nespresso.

La Colombie, premier exportateur d'arabica, est à nouveau affectée par des conditions climatiques défavorables après plusieurs récoltes désastreuses. Du coup, le 10 mars, les cours du café ont atteint à New York leur plus haut niveau depuis 34 ans. Le prix de la livre d'arabica pour livraison en mai a grimpé jusqu'à 296,65 cents.

Mais le patron de Nespresso, estime que la spéculation avait également contribué à une hausse des prix car «certains ont commencé à jouer sur ce début de pénurie», a-t-il indiqué tout en nuançant qu'il n'y avait «pas de pénurie globale de café, mais des difficultés sur certains grands crus». Une nouvelle donne qui pourrait amener Nespresso à revoir ses tarifs.

L'entreprise qui a dégagé l'année dernière un chiffre d'affaires de 3,2 milliards de francs, compte bien continuer à profiter de sa popularité. «Cela fait quatre ans que nous développons environ un demi-milliard de francs de croissance et je compte bien qu'en 2011 l'on soit sur la même tendance», a affirmé Richard Girardot.

Il table cette année sur une croissance à deux chiffres. Ces perspectives pourraient amener Nespresso à réaliser en 2011 des ventes supérieures à 3,5 milliards de francs suisses. Nespresso se trouve par ailleurs au cœur d'une bataille que se livrent les producteurs de capsules pour ce marché juteux. La société suisse Ethical Coffee Company (ECC), elle-même assignée par la filiale de Nestlé pour contrefaçon, a ainsi procédé début mars à des mesures de saisie-contrefaçon à l'encontre de Nespresso en France.

ECC estime que «certaines solutions techniques adoptées récemment par le Groupe Nestlé pourraient violer certains de nos brevets». ECC qui fournit déjà les supermarchés Casino compte étendre son activité en Europe. Nestlé a assigné en France le groupe Casino, fourni par ECC, en 2010 ainsi que le géant américain Sara Lee avec ses dosettes «L'Or», présentes en grandes surfaces, pour contrefaçon.

Nespresso réfute vouloir empêcher, par des modifications techniques, l'utilisation de capsules concurrentes. Face à l'arrivée de concurrents, le patron de Nespresso a précisé «qu'il y a encore de la place pour plusieurs compétiteurs», le taux de pénétration du café portionné étant seulement de 8% en Europe de l'Ouest. Mais il a exclu de changer le modèle de distribution de Nespresso, basé sur une vente exclusive en boutique et par internet. «On n'ira pas dans la grande distribution», a-t-il insisté. /ats

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