L’euro est descendu à moins de 1,05 franc jeudi, un record depuis 2015

Un euro coûte actuellement près de 1,05 franc, contre 1,08 franc en début d’année. La monnaie suisse n’a ainsi jamais été aussi forte face à l’européenne depuis 2015. La Banque nationale suisse se tient prête à intervenir sur le marché des changes.
18 nov. 2021, 15:34
Un franc fort prétérite toutes les industries d'exportation.

Le franc ne cesse de s’apprécier vis-à-vis de l’euro, s’échangeant par moments à moins de 1,05 EUR/CHF, un plancher plus atteint depuis l’été 2015. Contrairement à la tendance prévalant depuis le début de la pandémie, la devise helvétique ne profite pas de son statut valeur refuge. La faiblesse de l’euro est en cause.

A 15h05, l’euro s’échangeait contre 1,0511 franc. Un peu plus tôt, la monnaie communautaire a sombré pendant un court moment 1,04975 franc. En début d’année, l’euro valait encore 1,08 franc et il a même atteint en mars un pic à 1,11525.

La devise européenne ne cédait pas uniquement du terrain face à son homologue helvétique, mais également devant le dollar. Un billet vert s’échangeait vers 15h05 contre 0,9276 franc.

La BNS surveille la situation

Les observateurs du marché invoquent plusieurs raisons à cette faiblesse, notamment la différence de politique monétaire entre la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine (Fed). Alors que le seconde a décidé de serrer la vis, l’établissement francfortois devrait maintenir ses dispositions ultra-accommodantes.

A cela s’ajoutent des données conjoncturelles solides en provenance des Etats-Unis et une situation sanitaire se dégradant en Europe. De plus, l’inflation sur le Vieux continent – mesurée à +4% – s’avère plus élevée qu’en Suisse, où le renchérissement s’élève à +1,2%.

A en croire les cambistes, la paire franc-euro pourrait reculer plus nettement sous la barre de 1,05. La Banque nationale suisse (BNS) veillerait au grain et empêcherait ainsi la devise helvétique de crever ce plancher, qualifié de «ligne de défense», selon ces spécialistes. La BNS considère toujours le franc comme surévalué et s’est dit prête à intervenir sur le marché des changes.