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Les syndicats revendiquent des hausses de 4 à 5%

Les négociations salariales vont commencer cet automne. Le renchérissement automatique est exigé. Les syndicats sont venus, hier, rappeler une vieille loi. Quand la croissance économique ralentit, la consommation privée devient le principal soutien de la conjoncture. Voilà pourquoi Travail.Suisse, l'organisation faîtière des travailleurs, revendique, pour l'année 2009, des hausses de salaires nominaux de 4 à 5% ou une augmentation des salaires réels de 1,5 à 2,5%, après déduction du renchérissement annuel 2008 de 2,5%.

05 août 2008, 12:00

Susanne Blank, la responsable de la politique économique à Travail.Suisse, demande donc que de l'huile représentée par des hausses salariales substantielles soit versée dans le moteur de la croissance. Pour justifier cette revendication, elle dresse un tableau de la situation actuelle. Où en est la croissance d'abord? Selon le pronostic d'été du centre de recherches conjoncturelles KOF, l'économie suisse va enregistrer cette année une croissance de 2%.

Pour l'instant, les carnets de commandes sont assez bien garnis et le taux d'utilisation des capacités de production demeure élevé. Mais les exportations sont en recul, de même que les investissements en équipements. De plus, le taux d'inflation, pour la première fois depuis 15 ans, va dépasser la limite des 2%. L'Office fédéral de la statistique prévoit un renchérissement de 2,5% pour 2008 et de 1,3% pour 2009. La hausse des prix des produits importés, notamment l'essence et le mazout, est responsable de cette inflation grimpante, qui touche moins les entreprises que les ménages. Susanne Blank rappelle une autre loi: «l'inflation est synonyme de perte du pouvoir d'achat».

Il faut donc, selon les syndicats, rattraper le retard salarial. Entre 2004 et 2007, le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 11,6%, respectivement de 3,5 et 3,2% ces deux dernières années. Et les entreprises, pendant ces quatre ans, ont produit des chiffres d'affaires et des bénéfices records, à l'exception des grandes banques.

En comparaison, les salaires sont à la traîne. En 2007 seulement, une adaptation des salaires réels de 0,9% a été accordée. Et, selon Arno Kerst, le vice-président de Syna, «le renchérissement élevé de l'année en cours a ruiné le résultat satisfaisant des accords salariaux 2008. Beaucoup de travailleurs auront moins d'argent en poche à la fin de cette année qu'à son début».

Autre argument: la productivité au travail. Elle a été remarquable, augmentant ces dix dernières années de 13, 8%. Or, pendant cette même période, les salaires réels ont progressé de 3,4% et de 5,6% dans les branches recourant aux négociations salariales syndicales. Par ailleurs, Syna va revendiquer la compensation automatique du renchérissement lors des futures négociations de CCT.

La Banque nationale suisse craint, si la compensation intégrale était accordée, «une spirale prix-salaires». Susanne Blank n'est pas d'accord. «Les salaires peuvent être augmentés de manière substantielle sans que les entreprises soient contraintes de relever leurs prix.» Elle a fait ses calculs. Avec une hausse de 15,4% depuis le début de la reprise, la croissance du PIB en 2009 demeurera trois à cinq fois plus élevée que celle du salaire réel pour la même période.

L'Union patronale suisse, quant à elle, ne veut pas entendre paler de la hausse généralisée des salaires. Selon elle, la situation dans les différentes branches économiques est trop différenciée. /PPA

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