Les opérateurs de téléphonie mobile sont trop gourmands

Le constat de l'Ofcom (Office fédéral de la communication) est sévère: par rapport aux Européens, les Suisses paient le prix fort pour passer un coup de fil avec leurs téléphones mobiles. Le consommateur helvétique s'en doutait bien. Mais la large comparaison avec les pays européens que vient d'établir l'Office fédéral de la communication en apporte la preuve: «l'utilisation d'un téléphone mobile est systématiquement plus coûteuse en Suisse que dans l'Union européenne».

12 juil. 2007, 12:00

Le rapport de l'Ofcom se base sur une étude annuelle en matière de communications électroniques établie par les services de l'Union européenne à Bruxelles. Concernant la téléphonie mobile, cette étude a établi trois «paniers» de consommation pour les petits, les moyens et les gros usagers: les différences de coûts entre consommateurs suisses et européens varient de 5,9 euros (9fr.40 par mois pour les petits usagers à 21 euros (33fr.60) pour les gros. Principal responsable de cette situation, les redevances pour la terminaison des appels sur les réseaux mobiles: l'Ofcom remarque que les trois opérateurs présents sur le marché suisse (Swisscom, Orange et Sunrise) «affichent en 2006 des prix qui comptent parmi les plus élevés d'Europe, et ce en dépit d'une baisse significative observée entre 2004 et 2005 (-28,3%) et d'une baisse, un peu plus légère, enregistrée entre 2005 et 2006 (-5,1%)». Selon l'Office, la Suisse dépasse la moyenne de l'Union européenne de 32% en 2006, même si la différence était encore de près de 52% en 2004. «La concurrence n'a pas encore permis de faire baisser les prix à leur niveau le plus bas dans notre pays», constate sévèrement l'Ofcom.

A noter que la Commission de la concurrence (ComCo) a infligé en février dernier une sanction de 333 millions de francs à Swisscom Mobile pour abus de position de position dominante, sanction contre laquelle l'opérateur a fait recours.

Pour la téléphonie fixe, l'Ofcom relève que «notre pays affiche une situation tout à fait satisfaisante en matière de prix»: à part les communications locales, tous les segments du marché étudiés affichent en effet des tarifs équivalents ou nettement inférieurs à la moyenne européenne. Pour les communications locales, la situation s'explique par la décision de Swisscom en 2002 de ne proposer qu'un seul tarif dans tout le pays - que l'on appelle la maison d'à côté ou un abonné à l'autre bout de la Suisse. A noter qu'on estime que plus des deux tiers des appels fixes sont des appels locaux (soit réalisés dans un périmètre inférieur à 10 km).

Enfin, on remarquera que Swisscom, avec ses collègues anglais, autrichiens et allemands, fait partie des quatre anciens opérateurs «historiques» européens à avoir perdu le plus de parts de marché pour la téléphonie fixe depuis la libéralisation dans les années 1990: il lui en reste quand même encore 58,5%! / NWI