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Les ménages suisses cafardent, l'économie européenne flanche

Le moral des consommateurs s'est dégradé en Suisse au mois de juillet. Parallèlement, l'économie européenne s'est contractée au deuxième trimestre, faisant naître les craintes d'une récession. Chose inédite depuis près de trois ans, l'indice du climat de consommation en Suisse a plongé dans le négatif. Il s'est inscrit à -17 points en juillet, contre +2 en avril, fléchissant pour la deuxième fois consécutive, a indiqué hier le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco), au terme de son enquête trimestrielle réalisée auprès de quelque 1100 foyers.

15 août 2008, 12:00

Les trois indices utilisés pour mesurer le climat de consommation ont tous reculé de façon marquée. Les ménages, qui jugeaient encore positivement en avril l'évolution économique des douze derniers mois, sont nettement plus pessimistes (-25 points, après +2 en avril).

Les consommateurs se montrent aussi moins confiants quant à l'évolution de leur budget sur les douze derniers mois: cette composante est passée de -4 en avril à -18 points. Et leurs attentes sur le développement futur de ce même budget ont été revues à la baisse à -9 points, contre +7 précédemment. Une variation de l'indice global d'une telle ampleur est certes rare d'un trimestre sur l'autre, reconnaît Bruno Parnisari, chef du secteur conjoncture au Seco, mais elle «n'est pas inquiétante», relativise-t-il.

Attendue, cette chute de confiance s'explique dans le contexte actuel: depuis une année, de nombreuses infos ont déstabilisé les consommateurs. Un phénomène qui se reflète dans la moins bonne appréciation de la situation économique passée, selon Bruno Parnisari.

Parallèlement, les craintes d'une récession prennent de la consistance dans la zone euro: selon une estimation effectuée hier par l'Office européen des statistiques Eurostat, le produit intérieur brut (PIB) a reculé de 0,2% au deuxième trimestre comparé au premier.

Si le retour de bâton était attendu après la croissance de 0,7% du premier trimestre, ce chiffre est le plus mauvais jamais enregistré depuis la création de la zone euro, en 1999. Certains économistes parlent de récession, mais d'autres sont plus prudents. La Commission européenne appelle du reste à considérer l'ensemble du premier semestre, rappelant que la croissance avait été dopée sur les trois premiers mois par une activité plus soutenue que la normale dans le bâtiment.

Une correction était donc inévitable. Mais des économistes évoquent d'autres données inquiétantes, notamment du côté de la consommation des ménages, rendus méfiants par les fortes hausses du prix de l'énergie et de l'alimentation. / ats

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