Le rachat de Porsche freiné

20 oct. 2010, 04:15

Le numéro un européen de l'automobile Volkswagen, en cours de rachat de Porsche, semble tombé sur un os: des plaintes de fonds s'estimant floués par le spécialiste des bolides de luxe menacent de retarder l'opération, prévue initialement pour 2011.

«Nous ne pouvons pas exclure que les procédures puissent prendre un moment jusqu'à ce qu'un jugement définitif soit rendu. Pour cette raison, il pourrait y avoir un retard dans la fusion prévue», a reconnu hier le patron des deux groupes, Martin Winterkorn.

Aux péripéties judiciaires léguées par Porsche s'ajoutent les procédures fiscales et légales de la fusion, qui ont aussi pris du retard, a-t-il ajouté. Il a souligné que le principe du rapprochement des groupes n'était toutefois pas remis en cause. C'est la première fois que les deux constructeurs évoquent un possible retard dans ce processus qui devait être bouclé en 2011, sans en préciser l'ampleur ni le coût éventuel.

Volkswagen veut faire de Porsche la dixième marque de son empire - qui va déjà de Lamborghini à Skoda en passant par Audi -, dégager des économies d'échelle et profiter des très juteux rendements de la firme de Stuttgart.

VW a en fait déjà entamé le rachat de Porsche, à l'issue d'une bataille épique entre les deux groupes allemands. Celle-ci a laissé Porsche exsangue et une trentaine de fonds d'investissement, détenteurs d'actions Volkswagen, s'estiment victimes de cette lutte.

Ils réclament environ 2 milliards de dollars de dommages et intérêts, arguant d'une manipulation du cours de Volkswagen par Porsche durant cette période. Ce dernier avait révélé en octobre 2008, à la surprise générale, posséder 75% du capital de Volkswagen. L'action VW avait crevé tous les plafonds, atteignant 1000 euros et causant de lourdes pertes à ceux qui pariaient sur une baisse.

Une enquête est en cours aux Etats-Unis et un tribunal américain doit dire en janvier prochain si les plaintes des fonds sont recevables. Porsche de son côté les considère comme infondées, et a refusé de prendre part à une médiation en Allemagne sur le même sujet. Pour autant, la fusion de Porsche et de Volkswagen, qui ambitionne de devenir numéro un mondial devant le japonais Toyota, ne capotera pas, a martelé Martin Winterkorn. /ats-afp