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Le manque de main-d'œuvre qualifiée s'accroît

05 mars 2008, 12:00

Les entreprises actives dans l'industrie de la précision ont du souci à se faire. Une étude vient de démontrer que le manque de main-d'œuvre qualifiée va croissant et que, sans mesures, la situation ne va pas s'améliorer.

A cheval sur les cantons de Berne et de Soleure, la région du pied sud du Jura se caractérise par son tissu économique fortement orienté dans le secteur de l'industrie de la précision. Or, la plupart des entreprises peinent à trouver la main-d'œuvre qualifiée dont elles ont besoin, et cela indépendamment de la conjoncture. C'est pour en avoir le cœur net qu'une étude a été commandée par le réseau Espace Mittelland, en collaboration avec la Chambre économique Bienne-Seeland, le bureau de conseil pour l'innovation du canton de Soleure et les deux cantons concernés.

Les principaux éléments de cette étude mettent en évidence le besoin croissant de main-d'œuvre qualifiée et spécialisée pour les années à venir. Les entreprises constatent en effet que les employés qualifiés qui vont partir à la retraite seront plus nombreux que les jeunes arrivant sur le marché du travail. Cette pénurie de forces vives peut même être quantifiée, entre 10 et 15%.

Autre constat inquiétant: les professions de l'industrie de la précision ne font plus rêver les jeunes. Conséquence: le nombre d'apprentis tend à diminuer. Pire: nombre d'entre eux interrompent leur formation en cours d'apprentissage et se dirigent dans d'autres branches d'activités. Et pour ne rien arranger, ceux qui sont intéressés par l'industrie de la précision choisissent les secteurs de l'horlogerie et du médical, en plein boom.

Pour freiner cette dangereuse évolution et inverser la tendance, les entreprises estiment que seule une action concertée, soutenue et financée par tous les acteurs concernés, permettra d'améliorer la situation sur le long terme. Comment? Par exemple en favorisant la formation continue et la réorientation professionnelle de ceux qui viennent d'autres secteurs d'activités. En incitant les entreprises non formatrices à créer des places d'apprentissage, ou en tout cas à se mettre avec d'autres en réseau pour former ensemble les professionnels dont elles auront besoin demain.

L'idée serait aussi d'améliorer l'image des professions techniques par une campagne publicitaire ad hoc. Sachant que certaines tâches ne requièrent pas des spécialistes pointus, on pourrait introduire des formations de mécapraticiens de deux ans, sanctionnées par une attestation fédérale, qui s'adresseraient aux jeunes moins scolaires. Par ailleurs, le catalogue de mesures insiste sur la nécessité d'avoir des écoles de formation géographiquement proches des entreprises.

Philippe Oudot

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