La nomination de Béglé sera étudiée à la loupe

La commission des télécommunications du National se montre plutôt confiante après la nomination de Peter Hasler à la présidence du conseil d'administration de La Poste. Une enquête sera néanmoins menée sur la procédure de désignation de son prédécesseur Claude Béglé.
26 janv. 2010, 04:15

Malgré son départ, les conditions de désignations de Claude Béglé à La Poste posent toujours questions. «Les commissions de gestion parlementaires vont examiner dans le détail cette procédure», a déclaré le président de la commission des télécommunications Max Binder (UDC /ZH), hier devant la presse. Elles mèneront leur enquête soit dans le cadre de celle déjà ouverte sur la nomination des cadres de la Confédération ou de manière indépendante.

Le conseiller fédéral Moritz Leuenberger a répété devant la commission des télécommunications que la nomination de Claude Béglé avait été faite dans les règles de l'art et que ce dernier avait été victime d'une campagne orchestrée. Les buts stratégiques assignés à La Poste en décembre par le Conseil fédéral restent les mêmes et le conseil d'administration de l'ex-régie n'a pris aucune décision concernant une stratégie d'expansion à l'étranger.

Le ministre de la Communication a en outre assuré que le gouvernement ne verserait aucune indemnité de départ à Claude Béglé. La commission, qui a aussi entendu Peter Hasler et le nouveau directeur de La Poste Jürg Bucher, s'est dite «soulagée d'un retour à la tranquillité à La Poste», d'après Jean-René Germanier (PLR /VS).

Le nouveau président de La Poste a fait une bonne impression. «M. Hasler nous a paru très motivé», a souligné Max Binder. Le nouveau patron du géant jaune n'entend pas lancer à tout-va des idées sur la place publique. Il communiquera avec parcimonie et défendra l'avis du conseil d'administration. Si certaines initiatives ciblées à l'étranger restent possibles, le marché suisse restera au centre des préoccupations de l'ex-régie. Peter Hasler a reconnu que son entreprise allait devoir relever de grands défis. Il a toutefois minimisé l'ampleur du recul à venir du marché de lettres. Ce serait plutôt 10 à 20% de moins, que 30%. Jürg Bucher a quant à lui indiqué qu'il sera à l'avenir uniquement directeur de La Poste et plus de Postfinance. Ces auditions faites, la commission va pouvoir se prononcer sur le projet de libéralisation complète du marché postal. Un ajournement du dossier est possible, selon Max Binder.

Les débats commencent aujourd'hui. Parmi les voix critiques face au projet du Conseil fédéral se trouvent aussi bien celles de la gauche, opposées à la disparition de tout monopole, que celles à droite souhaitant accélérer la libéralisation, a noté Jean-René Germanier. /ats