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La grande distribution se dit très déçue du Cassis de Dijon

01 juil. 2011, 11:14

La grande distribution se dit déçue du Cassis de Dijon, un an après son introduction. Elle ne recourt d'ailleurs que de manière très modeste à ce principe qui permet aux produits européens d'être importés et commercialisés en Suisse même s'ils ne répondent pas aux prescriptions helvétiques, souvent plus sévères.

Les espoirs de baisse de prix que le Cassis de Dijon avait fait naître ne sont pour l'heure pas devenus réalité. «Le secteur alimentaire ne peut pas encore beaucoup contribuer aux économies espérées», a indiqué Anita Gut, porte-parole de la Communauté d'intérêt du commerce de détail suisse (CICDS).

Les denrées alimentaires sont en effet soumises à un régime spécial. Elles doivent remplir les prescriptions européennes - mais pas nécessairement les suisses -, afin de recevoir une autorisation de l'Office fédéral de la santé publique. En outre, les producteurs suisses peuvent décider de ne suivre que le cahier des charges européen.

Déclarations de provenance

Cela s'explique principalement par le fait que «les échanges entre la Suisse et l'Union européenne sont entravés par les différences existant entre les déclarations de provenance». Dans l'Union européenne (UE), il suffit d'indiquer qu'un produit vient de l'UE; en Suisse, l'emballage doit préciser le pays d'origine. Cela oblige les distributeurs helvétiques à réemballer certains produits européens.

Migros ne propose ainsi que deux sirops correspondant à la réglementation européenne. Mais le géant orange ne les importe pas. Il les produit en Valais, à Aproz. «Au lieu des 30% exigés par les dispositions helvétiques, ces sirops ne comportent que 10% de fruit», explique le porte-parole Urs Peter Naef.

Sirop, spätzle et fromage frais

«L'importation de produits commercialisés dans l'UE n'est pas forcément intéressante pour Migros», poursuit Urs Peter Naef. Une analyse motivée par deux facteurs. D'une part, les coûts engendrés pour réemballer les produits sont importants. d'autre part, les prix ont déjà baissé de manière importante avant l'entrée en vigueur du Cassis de Dijon.

Coop commercialise deux produits grâce au Cassis de Dijon en Suisse romande. Des spätzle d'Alsace sont déjà dans les rayons et dès la semaine prochaine, ils seront rejoints par un fromage frais, également français. Toutefois, le potentiel de baisse des prix est nettement moins important qu'espéré, souligne la porte-parole Denise Stadler. «Le principe a perdu beaucoup de son mordant en raison de toute une série d'exceptions.»

«Aldi n'a pour sa part jamais eu de grands espoirs dans le Cassis de Dijon», explique le porte-parole Sven Bradke. Le discounter n'en profite que pour une seule mozzarella dans son assortiment.

Pas de baisse de la qualité

Le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) ne dispose pas encore de chiffres quant à l'évolution des prix. L'analyse des conséquences du Cassis de Dijon est en cours.

La Fondation alémanique pour la protection des consommateurs (SKS) garde un œil sur les aliments importés de l'UE. «Les craintes de voir une baisse générale de la qualité ne se sont pas réalisées», relève sa directrice Sara Stalder. «Cependant, afin que les gens puissent choisir, les informations données par l'emballage sont importantes.»

La SKS souligne la nécessité d'indiquer le pays de provenance, que les distributeurs pointent du doigt comme générant des coûts supplémentaires. «L'UE pense même en ce moment à réintroduire l'indication de provenance pour chaque pays», souligne encore Sara Stalder.

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