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La fusion entre Holcim et Lafarge sur le point d'être finalisée

Les actionnaires du groupe st-gallois Holcim doivent valider vendredi à Zurich la fusion avec le Lafarge. L'opération est entrée dans sa phase finale.

04 mai 2015, 10:32
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Après moult péripéties, les actionnaires du groupe st-gallois Holcim doivent entériner vendredi prochain lors d'une assemblée générale extraordinaire à Zurich la fusion avec le français Lafarge. Les protagonistes n'ont pas ménagé leurs efforts pour sauver le mariage qui doit donner naissance à un colosse mondial du ciment.

L'opération est entrée dans sa phase finale. Le feu vert des autorités de la concurrence au Canada et aux Etats-Unis, derniers organes à devoir se prononcer, est attendu avant l'assemblée générale. Les rangs des opposants à la "fusion entre égaux" se sont dégarnis depuis quelques semaines. Le deuxième actionnaire d'Holcim, le groupe Eurocement, pourrait finalement se rallier à l'opération.

Le cimentier russe a répondu favorablement à la proposition du président du conseil d'administration d'Holcim, Wolfgang Reitzle. Ce dernier a émis l'idée d'accorder un siège à Eurocement au sein de l'organe de contrôle du groupe fusionné LafargeHolcim.

Deuxième actionnaire du cimentier st-gallois derrière Thomas Schmidheiny, Eurocement contrôle 10,8% des voix d'Holcim. D'abord réticent à la fusion, le fonds d'investissement Harris, troisième actionnaire d'Holcim, a aussi changé d'opinion.

Certaines voix discordantes continuent toutefois à se faire entendre. Une "communauté d'intérêts" baptisée "Pro Holcim" a lancé début avril un site internet pour exposer ses griefs contre le projet.

Voix discordantes

Selon la communauté d'intérêts, qui regroupe plusieurs actionnaires d'Holcim, le cimentier st-gallois est en bien meilleure position aujourd'hui qu'il ne le sera dans quelques années au sein d'une entité Lafarge-Holcim.

Un scepticisme partagé par Ethos. La fondation genevoise évoque également des risques pour l'emploi. Au vu de l’estimation de 250 millions de francs par année de synergies provenant de la réduction des doublons, il est à craindre la suppression de plusieurs milliers d’emplois, selon Ethos, qui représente plus de 200 caisses de pension et autres investisseurs institutionnels.

Holcim doit convaincre les deux tiers de ses actionnaires d'approuver l'augmentation de capital destinée à financer la fusion. L'opération permettra de créer la base nécessaire à l'acquisition des titres de Lafarge dans le cadre de l'offre d'échange. Les actionnaires devront aussi élire les sept futurs administrateurs du groupe fusionné issus des rangs de Lafarge.

Dans la mesure où tous les actionnaires approuveraient les résolutions, Holcim devrait lancer début juin une offre d'échange portant sur toutes les actions de Lafarge, conditionnée à l'apport d'au moins deux tiers des droits de vote du groupe français.

Copie revue

Annoncée il y a plus d'un an, la fusion doit créer un mastodonte du ciment pesant 33 milliards de francs de chiffre d'affaires et comptant plus de 115'000 employés. Les deux groupes ont tout mis en oeuvre afin de sauver le projet, plusieurs fois en péril.

Holcim avait remis en cause en mars les conditions de la fusion, exigeant une révision de la parité et de la gouvernance. Les deux groupes sont finalement parvenus à s'entendre sur un projet révisé. L'accord a revu les conditions des échanges de titres, désormais fixées à 9 actions Holcim contre 10 actions Lafarge au lieu d'une parfaite parité.

La question de la parité avait surgi dans le sillage de la publication des résultats annuels des deux groupes, où des voix se sont élevées en Suisse pour la remettre en cause. Les rapports financiers montraient une évolution des performances récentes plus favorables à Holcim.

L'accord de fusion initial prévoyait également que le PDG de Lafarge Bruno Lafont devienne le directeur général de la future entité. Le conseil d'administration d'Holcim a toutefois créé la surprise en s'opposant à sa nomination.

Après renégociation, le dirigeant français a obtenu le poste de coprésident du futur groupe et le droit de proposer un candidat à la direction générale. La candidature à ce poste du Franco-Américain Eric Olsen, actuellement vice-président exécutif de Lafarge, a été approuvée par les conseils d'administration des deux groupes.

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