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La flexibilisation ne se ferait pas sur le dos des travailleurs

La progression des rapports de travail atypiques comme le travail temporaire, le temps partiel et les contrats de durée limitée pose toujours plus la question de leur couverture sociale. Malgré des lacunes, la Suisse s'en tire assez bien, selon une étude publiée hier. Les formes de travail non traditionnelles sont déjà largement répandues en Suisse. Entre 2002 et 2006, le nombre des personnes travaillant à temps partiel a passé à quelque 1,3 million et le nombre de celles sous contrat de durée limitée à 245 000.

25 mai 2008, 12:00

A l'inverse, les contrats de travail qui pose particulièrement problème - travail sur appel, télétravail, pseudo-indépendance - sont en recul. Le nombre de personnes concernées oscillent entre 45 000 pour la pseudo-indépendance et 208 000 pour le travail sur appel, indiquent les chercheurs indépendants mandatés par l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS).

Contrairement à d'autres pays, la flexibilité du marché du travail helvétique s'accompagne d'un système social offrant une assez bonne couverture des travailleurs atypiques. «Du moins sur le papier, car cette enquête s'est intéressée aux bases légales, et pas à la situation réelle des intéressés», a nuancé Peter Böhringer, de la Haute école de sciences appliquées de Zurich.

L'AVS, l'assurance invalidité et l'assurance maladie, auxquelles les non-actifs et les chômeurs doivent aussi cotiser, s'en sortent le mieux. L'assurance chômage, elle, s'avère problématique pour les indépendants et les retraités actifs, non assurés. La fluctuation du temps de travail et les interruptions rendent en outre plus difficile l'obtention d'indemnités.

Les lacunes les plus marquées concernent le 2e pilier, qui ne devient obligatoire qu'à partir d'un certain revenu et un travail d'une durée d'au moins trois mois. La possibilité offerte de retirer son capital pour se mettre à son compte peut également réserver de mauvaises surprises à l'âge de la retraite.

Il existe donc encore un potentiel d'améliorations. Il faudrait en particulier faire la chasse aux doublons et renforcer les incitations au travail, notamment dans le domaine de l'aide sociale. Pour les auteurs de l'étude, la Suisse constitue dans l'ensemble un exemple classique de «flexicurité». Ce concept, qui occupe de plus en plus de pays, vise à combiner rapports de travail flexibles et sécurité sociale sans nuire à l'économie et à l'équilibre financier du système.

L'Union syndicale suisse (USS) porte un jugement beaucoup plus sévère. Pour elle, les lacunes dans la sécurité sociale sont dues à «un manque de volonté des autorités à changer les choses». Elle en veut justement pour preuve l'impasse sur la prévoyance professionnelle des intermittents. Et l'USS de répéter qu'elle refuse toute forme de flexibilisation imposée. / ats

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