Votre publicité ici avec IMPACT_medias

La BNS devant de nouveaux défis pour maintenir le cours plancher

Le franc fort, croissance et inflation figurent parmi les défis qui attendent la BNS pour l'année 2013.

13 déc. 2012, 14:55
Le gouvernement demeure flou dans sa réponse à la question de savoir si le taux de change pourrait passer à au moins 1,40 franc pour un euro.

Pour maintenir le cap de sa politique monétaire et conserver inchangé le cours plancher de 1,20 franc pour un euro, la Banque nationale suisse (BNS) va devoir relever de nouveaux défis. Elle n'exclut pas d'acheter à nouveau massivement des devises. Pour 2013, elle prévoit une croissance de 1% à 1,5%.

La situation sur le marché des changes reste fragile, a déclaré jeudi devant la presse réunie à Berne, Thomas Jordan, président de la direction générale de la BNS. "Les taux extrêmement bas à l'échelle mondiale ne sont pas sans risques", a-t-il ajouté.
 
Si la BNS maintient sa marge de fluctuation du Libor à trois mois en francs à 0%-0,25%, elle observe que le taux de référence a chuté, passant de neuf points de base à la mi-juin à seulement un point de base actuellement. Les taux d'intérêt sur le marché des pensions de titres sont majoritairement négatifs. Le rendement des obligations à dix ans a touché un nouveau plancher historique.
 
"Ces éléments montrent que la demande en placements sûrs est toujours forte", observe Thomas Jordan. Cela pourrait inciter les investisseurs à se tourner encore davantage vers l'immobilier, qui est déjà en surchauffe.
 
"Actuellement, la dynamique dans l'immobilier n'est pas soutenable. On est dans une situation d'excès", explique Jean-Pierre Danthine, vice-président de la BNS.
 
Les signes isolés de fléchissement ne se sont pas confirmés au troisième trimestre 2012, précise Jean-Pierre Danthine. Les prix ont continué d'augmenter à un rythme soutenu. Dans le même temps, la croissance du volume des prêts hypothécaires est restée à un niveau nettement supérieur à celle du produit intérieur brut (PIB).
 
"En conséquence, les déséquilibres se sont accentués", ajoute le vice-président. La BNS évalue dès lors périodiquement la nécessité de proposer l'activation du volant anticyclique de fonds propres.
 
Banques: nombreux risques
 
L'institut d'émission monétaire salue par ailleurs les progrès réalisés par les grandes banques suisses au niveau de leur capacité de résistance, mais relève que leur niveau d'endettement reste encore élevé malgré une amélioration des fonds propres.
 
Les risques liés à l'environnement ainsi que les pertes potentielles des grandes banques demeurent considérables en cas de nouvelle aggravation de la crise de la dette souveraine en Europe, souligne Jean-Pierre Danthine.
 
Au niveau international, les mesures visant à empêcher des tentatives de manipulation du Libor ne devraient pas modifier pour le moment la mise en oeuvre de la politique monétaire de la BNS. Conforme, le Libor à trois mois en francs continuera d'être publié, indique Fritz Zurbrügg, membre de la direction générale.
 
Dans le cadre de ces réformes, la BNS estime qu'un rôle complémentaire pourrait être attribué aux banques centrales ou aux autorités de surveillance, car l'utilisation largement répandue des taux de référence relève de l'intérêt général.
 
Inflation de -0,7%
 
L'institution a également levé le voile sur sa prévision de croissance du PIB de la Suisse pour 2013. Elle attend une hausse comprise entre 1% et 1,5%, après le taux de 1% environ escompté pour l'entier de cette année.
 
Quant à l'inflation, sur la base d'un taux Libor maintenu à 0% ces trois prochaines années, elle s'affichera à -0,7% cette année. En 2013, le renchérissement devrait se situer à -0,1%, alors qu'en 2014 il atteindrait +0,4%.
Votre publicité ici avec IMPACT_medias