L'UBS dans une phase de lente convalescence

L'UBS confirme sa perte nette de 1,975 milliard de francs au premier trimestre, déjà annoncée le 15 avril. En difficulté depuis l'éclatement de la crise du crédit, le numéro un bancaire suisse se remet lentement. Mais face à une conjoncture qui se détériore, il reste prudent pour l'avenir.
06 mai 2009, 11:34

Entre janvier et fin mars 2008, l'UBS avait essuyé une perte nette de 11,6 milliards de francs, a rappelé hier la banque. Celle-ci a aussi précisé avoir retraité ses résultats financiers pour l'ensemble de l'exercice 2008, avec pour conséquence une perte nette abyssale encore creusée de 405 millions à 20,9 milliards.

Les chiffres rouges du trimestre sous revue reflètent une perte de 600 millions relative à la cession de sa filiale brésilienne Pactual il y a deux semaines. Sont venues s'y ajouter des dépréciations d'actifs à hauteur de 3,4 milliards, a précisé le chef des finances John Cryan. L'exposition de l'UBS aux produits à risque s'est stabilisée à quelque 7,8 milliards de francs. A l'origine de la majeure partie des déboires de l'UBS, la division de la banque d'investissement Investment Bank a réduit sa perte avant impôts à 3,16 milliards, contre 8 milliards trois mois auparavant.

Dans son activité principale de gestion de fortune hors Etats-Unis réunie dans la division Wealth Management & Swiss Bank, l'établissement zurichois a quasiment doublé son résultat avant impôts par rapport aux trois mois précédents, à 1,08 milliard de francs.

Entre janvier et mars, les clients de l'UBS lui ont retiré pas moins de 14,9 milliards de francs. Au cours du trimestre précédent, ces sorties nettes de capitaux avaient culminé à 85,8 milliards. A fin mars, l'établissement employait 76 206 collaborateurs à plein temps, contre 77 783 trois mois auparavant.

Evoquant la suite de l'exercice, John Cryan s'est montré prudent, au vu des «très forts vents contraires» qu'affronte l'économie actuellement. «La conjoncture va continuer de se détériorer et nous n'en avons pas encore subi toutes les conséquences», a-t-il averti.

Les investisseurs ont bien accueilli les résultats de l'UBS, même si la performance est bien loin de celle présentée par le Credit Suisse, le numéro deux bancaire helvétique achevant le premier trimestre sur un bénéfice net de 2 milliards de francs. Le titre UBS progressait hier en bourse.

Pour les analystes, l'UBS doit encore améliorer la situation sur le front des entrées d'argent frais et des dépréciations d'actifs. Certains, à l'image de ceux de la banque Vontobel, jugent même possible un retour aux chiffres noirs au 2e trimestre. /ats