L'indépendance de la BNS est menacée, selon Aymo Brunetti du SECO

Selon le chef économiste sortant du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco), Aymo Brunetti, l'indépendance de la Banque nationale suisse (BNS) est menacée. Les récentes turbulences intervenues qui ont affecté l'institut d'émission pourraient peu à peu saper ce principe.
15 janv. 2012, 12:19
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«Je suis profondément convaincu qu'il serait vraiment dangereux que l'administration ou le gouvernement émettent publiquement des recommandations», a déclaré M. Brunetti dans une interview publiée aujourd’hui par le «SonntagsBlick». Et l'économiste de mettre en garde après la démission lundi passé du président de la BNS, Philipp Hildebrand, contre les idées visant à renforcer la réglementation de la banque centrale et les possibilités d'influencer cette dernière.

Remettre en question l'indépendance de la BNS poserait un «problème fondamental» a poursuivi M. Brunetti. L'économiste, qui doit quitter le Seco à la fin du mois pour un poste de professeur à  'Université de Berne et dont le nom figure parmi les personnalités citées pour succéder à Philippe Hildebrand au sein du directoire de la BNS, n'a pas voulu s'exprimer à ce sujet.

Evoquant l'actuelle appréciation du franc, qui constitue un problème pour de nombreuses entreprises, M. Brunetti a dit espérer que le cours de la monnaie helvétique se normalise, pour autant que la situation internationale se détende. Le fait que la zone euro n'ait pas connu de nouvelles turbulences ces dernières semaines représente un point positif.

L'abaissement vendredi de la notation de plusieurs pays de la zone euro, dont la France, par l'agence Standard & Poor's était pour sa part attendu depuis quelque temps déjà et elle ne change pas l'évaluation globale. Le plus grand danger reste que la crise de la dette dans la zone euro ne se transforme en une crise bancaire.

Alors que le Seco a annoncé en décembre tabler sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) de la Suisse de 0,5% pour cette année, M. Brunetti signale que certains indicateurs ont évolué de manière favorable depuis.

Ambiance pesante au Conseil de banque de la BNS, selon Fritz Suder

L'ambiance au conseil de banque de la BNS est «pesante», admet dimanche Fritz Studer, l'un de ses membres. Mais la collaboration est bonne et la confiance dans le président Hansueli Raggenbass reste intacte, explique M. Studer dans une interview publiée par la «Zentralschweiz am Sonntag».

Il faut absolument veiller à ce que la Banque nationale suisse (BNS) reste indépendante de la politique, ajoute-t-il dans les colonnes du journal dominical alémanique.

Le Conseil de banque a retiré sa confiance à l'ancien président du directoire de l'institution, Philipp Hildebrand, le 7 janvier, deux jours avant la démission de ce dernier, précise Fritz Studer. Les nouveaux courriels et notes du conseiller financier de la banque Sarasin lui ont porté un coup définitif, explique-t-il.

Auparavant, M. Hildebrand bénéficiait encore de la «confiance totale» du Conseil de banque, même si ses membres ont été «consternés ou du moins étonnés» devant le manque de doigté de l'ancien président la direction générale. Le Conseil a en outre regretté que M. Hildebrand n'ait pas délégué la gestion de sa fortune.

Pour M. Studer en effet, la gestion externe de la fortune, accompagnée d'un contrôle annuel de la stratégie suivie, constituerait la solution pour tous les membres du directoire. Les  exceptions devraient être approuvées par le président du Conseil de banque, comme jusqu'ici, estime-t-il. /ats