«Il faut miser avant tout sur le long terme»

Economiesuisse ne veut pas d'un troisième programme de relance conjoncturel. Il aurait pour effet d'accroître l'endettement et donc de nuire à l'attrait de la place économique suisse.
09 juin 2009, 11:58

La crise économique actuelle est «la pire depuis la Deuxième Guerre mondiale», a déclaré le président d'economiesuisse, la Fédération des entreprises suisses, Gerold Bührer, hier à Zurich. Il faut cependant éviter de céder à la pression d'un activisme à court terme, estime-t-il.

Au contraire, il faut «miser avant tout sur la politique de croissance orientée sur le long terme». Les éventuelles mesures à prendre doivent intervenir au bon moment, répondre à un objectif précis et être limitées dans le temps, souligne l'association.

Le dispositif de frein à l'endettement doit être respecté. Au lieu d'augmenter les dépenses, il faut éviter une hausse des charges. L'association approuve un financement additionnel de l'AI pour une durée limitée, mais «ne cautionne pas son entrée en vigueur en pleine récession».

Les réponses «les plus efficaces» à la crise sont la politique monétaire, les stabilisateurs automatiques et la renonciation aux hausses d'impôts, selon Pascal Gentinetta, président de la direction d'economiesuisse.

Economiesuisse estime qu'il faut aussi éviter une surréglementation du marché du travail et les moratoires (génie génétique), raccourcir les procédures dans la construction, renoncer à une hausse des prélèvements obligatoires et «à une application doctrinaire des prescriptions environnementales».

En renforçant la compétitivité «de manière ciblée à long terme» on obtiendra de meilleurs résultats «qu'avec des dépenses supplémentaires se chiffrant en milliards». La Suisse «sera alors prête à saisir les opportunités qui se présenteront à la reprise», a déclaré Pascal Gentinetta.

Les deux premiers programmes de relance du Conseil fédéral s'élèvent à 2,1 milliards de francs. En tenant compte des assurances sociales et des mesures prises par les cantons et les communes, l'impulsion totale se monte à 12 milliards. Le Conseil fédéral doit présenter prochainement son 3e paquet de mesures. /ats