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Du chanvre dans le moteur

10 mai 2008, 12:00

Le biocarburant à base de chanvre serait-il la réponse à la flambée du prix du baril et à l'épuisement des gisements? Les pétroliers semblent s'y intéresser de près selon l'Association suisse des amis du chanvre paysan (ASAC). Laquelle annonce que la récolte 2008 du «Jardin du chanvre suisse», un champ de 20 000 m2 de chanvre indigène agro-industriel situé sur la commune fribourgeoise de Chiètres (Kerzers), aurait été réservée par une compagnie pétrolière.

Ainsi, les 60 tonnes de matière végétale pourraient servir à la production de carburant 100% bio, confirme Jean-Pierre Egger, très renommé apôtre suisse du chanvre, président de l'Asac et gérant de la société SanaSativa, spécialisée dans la mise en valeur et la commercialisation du chanvre paysan indigène, notamment celui cultivé à Chiètres.

«Le biocarburant a premièrement été considéré comme le nec plus ultra avant que l'on constate qu'il empiète sur la production alimentaire, et qu'il impliquait l'emploi d'engrais chimique. L'idée nous est donc venue de proposer notre chanvre pour la production de biocarburant», relève Jean-Pierre Egger. Le type de chanvre agricole cultivé en Suisse et nulle part ailleurs, ajoute-t-il, ne nécessite ni entretien, ni engrais et se contente de terrains pauvres, tout en étant d'une qualité élevée. «Un hectare de chanvre produit quatre fois plus de matière fibreuse qu'un hectare de forêt», affirme Jean-Pierre Egger.

Sollicitée, une compagnie pétrolière - dont le gérant de la Société SanaSativa refuse de communiquer le nom pour des raisons de discrétion - aurait réservé la production des deux hectares de chanvre qui viennent d'être plantés et qui seront récoltés à mi-octobre. Leur prix, 10 000 à 20 000 francs, ne représente «rien du tout», pour une compagnie pétrolière en regard de l'«expérience pilote unique au monde». La matière végétale doit fermenter avant d'être transformée en biocarburant, début 2009.

L'intérêt des pétroliers pour le chanvre, un juste retour des choses, confie Jean-Pierre Egger. Lequel rappelle qu'Henry Ford, sous pression des lobbies pétroliers, avait dû abandonner la production d'une automobile fabriquée en chanvre et roulant à l'essence de chanvre. / djy

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