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Appel à la libéralisation

Le FMI et la Banque mondiale estiment qu'une libéralisation accélérée de l'économie est susceptible de prévenir le retour d'une crise Le monde goûte actuellement une période de quasi-euphorie économique, mais les crises reviendront tôt ou tard et le meilleur bouclier serait la mise en oeuvre du cycle de libéralisation commerciale de Doha, ont mis en garde le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM).

20 sept. 2006, 12:00

Avec un taux de croissance de quelque 5% depuis quatre ans, qui devrait poursuivre sur cette voie en 2007, la planète peut savourer une ère de «forte croissance et d'inflation contenue telle qu'on n'en avait pas vu depuis les années 1960», s'est félicité hier le directeur général du FMI, Rodrigo Rato.

Revirement à craindre

Mais elle ne doit pas s'endormir sur ses lauriers, alors que le cycle de croissance de l'économie mondiale pourrait justement «être en train de tourner», a-t-il averti dans son discours d'ouverture de l'assemblée annuelle des deux institutions à Singapour.

L'Espagnol a relevé que la dernière réunion de ce type sur le continent asiatique avait eu lieu en 1997, au moment précis où «une crise économique se profilait dans la région», laquelle s'était finalement soldée par «des pertes immenses pour les économies et les populations».

Mais pour François Bourguignon, chef économiste de la Banque mondiale, «il est sain de se rappeler à quelle vitesse les conditions peuvent changer pour les marchés émergents». A en croire Rodrigo Rato, «la porte vers un nouveau cycle de croissance est ouverte», à condition toutefois que le monde retrouve sa foi envers le multilatéralisme, mis à mal ces derniers temps.

Plus concrètement, cela signifie que les gouvernements doivent à tout prix sauver les négociations de Doha à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), en panne depuis des mois. «En matière de commerce, le monde va soit avancer vers plus de croissance et de meilleures opportunités, soit aller à reculons vers un nationalisme étroit. Nous ne devons pas nous bercer d'illusions en pensant qu'il existe une zone intermédiaire confortable».

Vulnérable

Pire, s'il devait effectivement céder aux sirènes du protectionnisme, le monde se retrouverait encore plus vulnérable aux deux autres principaux risques économiques identifiés par le FMI, c'est-à-dire l'inflation (et son cortège de hausses de taux d'intérêt) et surtout le risque de crise financière en cas de dénouement brutal des gigantesques déséquilibres entre continents.

Le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, a abondé dans son sens, appelant au «compromis» de la part de chacun, et citant nommément les Américains, les Européens et les pays en développement. Les négociations à l'OMC sur la libéralisation des échanges avaient été gelées en juillet en raison notamment d'un différend sur les aides et droits de douane agricoles aux Etats-Unis et en Europe. / ats

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