Airbus bat de nouveaux records

Airbus a annoncé mardi un chiffre de commandes sans précédent dans l'histoire de l'aéronautique.
17 janv. 2012, 16:43
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Ces contrats permettent à sa maison mère, le groupe européen EADS, de promettre croissance et rentabilité dans les années à venir.

Avec un chiffre net de 1419 avions commandés (annulations déduites) face aux 805 commandes du concurrent américain Boeing, Airbus revendique 64% du marché sur l'année écoulée.

Même si les commandes doivent baisser en 2012 - le patron d'Airbus Tom Enders en attend 600 à 650 - la production va augmenter pour satisfaire un carnet de commande qui s'élevait à fin décembre à 4437 unités. C'est un nouveau record absolu pour l'industrie qui représente sept à huit ans de production.

Airbus a livré 534 appareils l'année dernière, devançant Boeing pour la neuvième année consécutive, et prévoit d'en livrer 570 en 2012, a annoncé M. Enders lors d'une conférence de presse dans l'usine de production d'Hambourg.

Fort de ces records, Louis Gallois, le patron d'EADS, géant européen de l'aéronautique, de la défense et de l'espace, a annoncé que 2012 serait une année de rentabilité accrue. "EADS a démontré qu'elle est une machine à générer des revenus et de la croissance", a-t-il lancé.

"Nous verrons une amélioration significative de l'EBIT (résultat opérationnel) en 2012", a assuré le patron sortant. Le groupe qui doit publier ses résultats 2011 en mars, tablait sur un résultat opérationnel de 1,3 milliard d'euros pour l'année. Les analystes attendent 1,4 milliard. "Nous décollons à plein régime dans un marché en croissance"

Envol du titre

Le titre EADS a progressé de plus de 38% à la bourse de Paris l'an dernier, et la hausse est continue depuis le début de l'année, a souligné M. Gallois. Avec un carnet de commandes plein, des réserves qui s'élevaient en 2011 à 11 milliards d'euros, et une rentabilité accrue, "nous décollons à plein régime dans un marché en croissance", a-t-il lancé.

De plus, la baisse de l'euro par rapport au dollar va sensiblement améliorer les comptes, a indiqué M. Gallois. Airbus s'est assuré auprès des banques contre les fluctuations de change à un taux de 1,35/1,36 euros pour un dollar. L'euro évolue actuellement autour de 1,25. D'après les calculs d'Airbus, "une baisse de l'euro de 10 cents dégage un milliard d'euros par an", souligne Christophe Menard, analyste chez Kepler Capital Markets.

La demande d'avions va continuer à croître parce que le trafic passagers double en moyenne tous les 15 ans depuis l'apparition des avions à réaction, a assuré le directeur commercial d'Airbus John Leahy. Ainsi, "l'année 2011 a été difficile pour l'économie mondiale, mais le trafic passagers a augmenté de 6%", a-t-il souligné.

Embauches massives

Pour assurer l'accélération des cadences de production sur tous ses modèles, EADS va embaucher 9000 personnes, dont 4.000 temporaires, en 2012, a d'ailleurs annoncé Louis Gallois. EADS emploie déjà plus de 128'000 personnes dans le monde.

"Nous sommes plus que le symbole de l'intégration européenne, nous sommes la partie de l'Europe qui fonctionne", a affirmé le patron qui a ramené la paix dans un groupe déchiré jusqu'en 2007 par les rivalités franco-allemandes.

EADS a été fondé en 2000 de l'union entre les industriels français Aérospatiale-Matra, allemand DaimlerChrysler Aerospace et espagnol CASA. Depuis, son chiffre d'affaires a pratiquement doublé, passant de 24,2 milliards d'euros en 2000 à 45,8 milliards en 2010.

Seule ombre au tableau, l'incertitude pèse encore sur la succession de Louis Gallois. Celui-ci a souhaité mardi que son successeur soit nommé "le plus tôt possible", alors que Paris est soupçonné de vouloir arracher au dauphin Tom Enders des postes clés pour des Français en échange de la confirmation de l'Allemand à la tête du groupe.