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A cause de l'euro, la BNS s'attend à perdre 4 milliards

La crise de l'euro et la lutte contre l'appréciation du franc a creusé les comptes de la Banque nationale suisse (BNS). L'institut d'émission attend une perte d'environ 4 milliards de francs pour le premier semestre de 2010 et des pertes de changes pour plus de 14 milliards.

22 juil. 2010, 04:15

Les placements en devises ont augmenté d'environ 132 milliards de francs au cours des six premiers mois de l'année, a indiqué la BNS mercredi dans un communiqué. L'institut d'émission a multiplié les achats d'euros ces derniers temps pour contenir l'appréciation du franc face à la monnaie unique.

La BNS précise que la perte semestrielle de 4 milliards de francs a pu être contenue dans certaines limites, grâce aux revenus tirés des positions en monnaies étrangères et en francs, ainsi qu'à la forte hausse du prix de l'or.

De plus, le résultat du fonds de stabilisation (StabFund) pour l'UBS n'est pas encore inclus. La BNS indique qu'il fournira une contribution positive pour le premier semestre. Le rapport semestriel complet sera publié le 13 août.

La Banque nationale a fait état de placements en devises d'un niveau record de 226,75 milliards de francs. Pas moins de 70,5% de ces placements sont libellés en euros.

Depuis fin 2009, la BNS a augmenté de près de 104,9 milliards de francs ses placements en euros, précise-t-elle dans son bulletin mensuel. A la fin du 1er semestre 2010, la Banque nationale détient environ 120,55 milliards d'euros ou 159,88 milliards de francs.

L'évolution du cours du dollar a également pesé, passant de 1,04 à 1,16 franc en début d'année. En juin, il est descendu toutefois à 1,05 franc. Les placements de la BNS en dollars s'élèvent à 45,02 milliards (48,7 milliards de francs), soit 21,2 milliards de francs de plus qu'en début d'année.

En dépit de cette perte à venir pour le semestre, la BNS procédera comme prévu à la redistribution annuelle de 2,5 milliards de francs de ses bénéfices à la Confédération et aux cantons. Cette contribution n'est clairement pas menacée, a assuré le porte-parole Werner Abegg. Les réserves sont suffisantes.

Les interventions massives de la BNS contre l'envolée du franc face à l'euro - qui a vécu sa plus grosse crise depuis sa naissance - ont certes entraîné une perte prévisible.

Mais comme le rappelait fin juin Jean-Pierre Danthine, numéro trois, les objectifs de la Banque nationale sont différents de ceux d'un gestionnaire d'actifs. Guidée par sa mission d'assurer la stabilité des prix, la BNS peut temporairement enregistrer des pertes.

Fin juin, la Banque nationale avait cessé ses achats d'euros. Son vice-président, Thomas Jordan, avait alors estimé que le risque de déflation était pour l'heure écarté, ajoutant que la Banque nationale pouvait à tout moment reprendre ses opérations en cas de danger.

Et même si l'euro est passé entre-temps sous le seuil de 1,31 franc, attisant les pires craintes quant aux conséquences sur l'économie helvétique tournée vers l'étranger, plusieurs indicateurs sont depuis venus calmer le jeu. L'euro s'est tout d'abord ressaisi.

Ensuite, les chiffres du commerce extérieur sur les six premiers mois de l'année, publiés mardi, ont de quoi balayer certains discours catastrophistes: les exportations suisses ont bondi de 8,2% au premier semestre. /ats

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