Votations fédérales du 5 juin 2016
  05.06.2016, 18:09

Votations fédérales: les milieux médicaux se disent satisfaits du résultat sur le diagnostic préimplantatoire

chargement
Les Suisses ont largement accepté le texte sur le DPI.

Votations fédérales Les milieux médicaux ont affiché leur satisfaction à l'annonce de la large acceptation du diagnostic préimplantatoire (DPI). Les associations de parents de personnes handicapées espèrent que ces derniers ne souffriront pas de discrimination à l'avenir.

"C'est génial", lâche la conseillère nationale Regine Sauter (PLR/ZH) du comité en faveur de la loi sur procréation assistée. C'est une belle preuve de confiance de la part des citoyens et cela montre que la voix populaire honore le travail qui incombe au Parlement, selon elle.

S'adressant aux opposants, la députée concède que, dans la pratique, on ne peut pas exclure un abus quant au recours au diagnostic préimplantatoire. "Ce qui est permis et interdit est écrit noir sur blanc". Par ailleurs, il existe des contrôles et les procédures médicales sont documentées et n'aboutissent qu'avec l'accord des couples concernés.

Grâce au diagnostic préimplantatoire (DPI), on évitera nombre d'avortements, assure Mme Sauter. Que la loi ouvre la porte à des bébés "sur mesure", comme le craignent les adversaires, relève du mensonge. Le DPI permet au contraire à certains couples d'augmenter leurs chances d'avoir un enfant et de réduire les risques de problèmes de Santé.

Bruno Imthurn, chef de la procréation médicalement assistée à l'hôpital universitaire de Zurich et président du conseil scientifique de gynécologie suisse (SSGO), abonde dans ce sens. Il est convaincu que la loi sera appliquée de manière responsable et que la peur des bébés "à la carte" n'a pas lieu d'être. "C'est interdit et cela le restera", a-t-il exprimé à la télévision alémanique SRF.

Le DPI et toutes les autres méthodes qui entreront en vigueur avec la loi sont pratiqués depuis des décennies en Europe, comme au Danemark, en Angleterre, aux Pays-Bas et en Belgique, ajoute M. Imthurn. Dans ces pays, les parents ne sont pas mis sous pression et aucun abus n'a été signalé à ce jour.

Milieu médical heureux

La SSGO se dit "particulièrement heureuse" que la révision de la loi sur la procréation assistée ait été acceptée, pour laquelle elle s'était engagée. Elle fournit enfin le cadre légal nécessaire pour mettre en oeuvre une pratique moderne dans ce domaine en Suisse. Ainsi, les médecins pourront traiter au mieux les couples concernés et appliquer les nouvelles possibilités thérapeutiques avec le respect et la responsabilité qui s'imposent.

La Fédération des médecins suisses (FMH) salue, elle aussi, la volonté du peuple en faveur d'une médecine de la reproduction plus adaptée, efficace et moins lourde. La loi révisée permet à la fois d'améliorer la prise en charge des couples qui n'arrivent pas à avoir d'enfant et de diminuer les risques de grossesse multiple et d'interruption de grossesse. Elle pose en outre des limites claires quant aux personnes ayant le droit de recourir au DPI.

"C'était à craindre"

"C'était à craindre", a lancé à l'ats Christa Schönbächler, de l'association insieme, suite à l'acceptation par les citoyens suisses de la révision de la loi sur la procréation médicalement assistée. "Nous ne sommes pas satisfaits du résultat mais contents du débat" qu'a entraîné cet objet.

La votation sur le diagnostic préimplantatoire (DPI) a aiguisé la prise de conscience des habitants du pays autour de cette problématique et a accru leurs connaissances, souligne Mme Schönbächler. Par ailleurs, une vraie discussion autour des questions éthiques que pose cette pratique a pu avoir lieu.

La responsable d'insieme Suisse (Fédération suisse des associations de parents de personnes mentalement handicapées) rapporte qu'il a été particulièrement difficile pour les opposants d'expliquer aux votants la différence entre l'article de la constitution et le texte de loi soumis aux votants.

Il faut désormais que les partisans du oui tiennent leur promesse, à savoir que l'autorisation du DPI n'entraînera pas une discrimination des personnes vivant avec un handicap, poursuit Christa Schönbächler. L'association craint notamment que les prestations des assureurs liées au handicap ne se péjorent. Et de rappeler que le handicap n'est pas évitable.

Poursuite de la campagne

Dans le même esprit, Inclusion Handicap, l'association faîtière des organisations suisses de personnes handicapées, plaide pour que la société continue "à témoigner une compréhension et une solidarité totales aux parents qui donnent naissance à un enfant handicapé". Dans un communiqué, la structure va plus loin: "il faut absolument préserver le droit à l'ignorance des parents", qui ne doivent pas "être poussés à effectuer un quelconque examen".

Inclusion Handicap estime que le personnel médical a un rôle à jouer en ce sens. "Il doit fournir des informations complètes et transparentes sur les avantages et les inconvénients du DPI."

Loin de jeter l'éponge suite à leur défaite de dimanche, les 19 organisations qui s'étaient battues pour le rejet de la nouvelle loi ont annoncé la poursuite de leur campagne intitulée "diversité au lieu de sélection". Dans un communiqué commun, elles disent attendre des partis et autorités "qu'ils s'engagent fermement, par des actions concrètes, en faveur de la solidarité avec les personnes avec handicap".

ATS

Résumé du jour

Ne ratez plus rien de l'actualité locale !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir toutes les infos essentielles de la journée!

Recevez chaque soir les infos essentielles de la journée !

Résumé de la semaine

Ne ratez plus rien de l'actu locale !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque samedi toutes les infos essentielles de la semaine !

Recevez chaque samedi les infos essentielles de la semaine !

À lire aussi...

Votations fédéralesVotations fédérales: les résultats définitifs confirment le rejet des trois initiatives et l'acceptation de la loi sur l'asile et du DPIVotations fédérales: les résultats définitifs confirment le rejet des trois initiatives et l'acceptation de la loi sur l'asile et du DPI

Votations fédéralesVotations fédérales: déçus par le rejet de l'initiative "vache à lait", les opposants se tournent vers FORTAVotations fédérales: déçus par le rejet de l'initiative "vache à lait", les opposants se tournent vers FORTA

Votations fédéralesVotations fédérales: la participation est restée dans la moyenneVotations fédérales: la participation est restée dans la moyenne

Top