Terroir et restaurants
 19.03.2020, 10:57

L’eau-de-vie de bérudge en quête d’appellation protégée

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Des bérudges (ici au mois de juillet) dans un verger de Cornaux.

Terroir L’eau-de-vie de bérudge fera-t-elle l’objet d’une Appellation d’origine contrôlée (AOP)? C’est le but d’une association qui compte des distillateurs neuchâtelois.

Depuis 2015, une association se bat pour que l’eau-de-vie de prune bérudge soit certifiée par une Appellation d’origine protégée (AOP). Si l’élaboration du cahier des charges est en cours, l’obtention du label est espérée pour 2022.

«Une AOP, cela permet surtout de valoriser un produit, respectivement de le revaloriser», explique André Gerber, distillateur à Cornaux et président de l’association créée dans le but d’obtenir cette protection. Et pour lui, ce produit d’excellence a plus que jamais besoin de redorer son blason.

Il donne en exemple la damassine qui, après avoir obtenu l’AOP, a pris de la valeur. «Cela permet également de protéger le fruit et de faire connaître le produit plus largement.»

Un cahier des charges

Ainsi, si une association a été créée en 2015, l’idée d’une AOP germait depuis une dizaine d’années. Le groupement compte environ 25 membres qui espèrent «redonner ses lettres de noblesse à la bérudge.» Il y a des Neuchâtelois, des Vaudois, des Jurassiens bernois et des Fribourgeois. L’objectif est de lier le plus de producteurs possible. Des distillateurs ont d’ailleurs manifesté leur intérêt récemment.

Le défi actuel, c’est l’élaboration du cahier des charges. Celui-ci devait normalement être soumis à l’assemblée générale, prévue début avril. Mais cette dernière a été repoussée à des temps meilleurs. «Les membres diront alors ce qu’ils pensent de ce cahier des charges, encore perfectible. Par ailleurs, une consultation plus large de la version actuelle sera faite prochainement par courrier.»

Oppositions possibles

Avec une AOP, l’eau-de-vie issue de deux variétés différentes serait protégée. «Il y a la petite bérudge, que l’on connaît et qui est ancienne», explique André Gerber. Elle est cultivée en plusieurs endroits du canton de Neuchâtel, principalement au Val-de-Ruz et sur le Littoral, ainsi que dans le Jura bernois. «Il y a aussi une variété cousine, l’Andrière, prune de Cornaux, souvent vendue sous nom de bérudge de Cornaux.»

Une fois le cahier des charges accepté par l’association, il s’agira de le déposer auprès de l’Office fédéral de l’agriculture. Puis, durant la consultation, il pourra y avoir des oppositions. Mais le président espère que l’AOP sera reconnue d’ici à deux ans. 

Sandra Hildebrandt 

Un fruit ancestral
L’apparition de la prune de bérudge en terres neuchâteloises remonte au Moyen-Age. L’eau-de-vie qui en résulte est connue sur tout le territoire des cantons de Neuchâtel, Fribourg, Vaud et Berne. 

A partir de l’Entre-deux-Lacs, la diffusion de la prune de Cornaux s’est faite sur tout le Littoral et par la suite dans les régions limitrophes, voire au-delà.

 


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