Points de vue

Point de vue de Patrick Vincent: "Orban, Soros et le retour du fascisme"

chargement

Forum Le professeur de l'Université de Neuchâtel dénonce les relents de fascisme en Hongrie. Découvrez son point de vue: comme d’autres personnalités locales, nous l’invitons à s’exprimer régulièrement sur des sujets d’actualité.

 29.06.2018, 12:01
Le premier ministre hongrois Viktor Orban a été réélu en avril suite à une campagne vilipendant les migrants, relève Patrick Vincent,

Le 20 juin, Journée mondiale des réfugiés, le parlement hongrois a passé plusieurs lois pénalisant tout individu ou groupe qui chercherait à soutenir la demande d’asile de migrants clandestins: ces personnes peuvent désormais être condamnées à une année de prison ferme. Il a également inscrit dans la constitution l’interdiction d’implanter une "population étrangère" dans le pays. L’auguste assemblé, dominé par le parti Fidesz de Viktor Orban, a donné à sa nouvelle législation le sobriquet "Stop Soros".

Orban a été réélu en avril suite à une campagne vilipendant les migrants, mais également le philanthrope d’origine hongroise George Soros. Depuis les années 1980, ce dernier a dépensé des milliards pour soutenir l’éclosion de la démocratie en Europe de l’Est. Orban, qui reçut en 1989 une bourse de la Fondation Soros pour étudier à Oxford, en fut l’un des premiers bénéficiaires. Or aujourd’hui Soros est officiellement devenu en Hongrie un ennemi du peuple, tandis qu’il est la cible des caricatures les plus viles dans la propagande d’extrême droite des deux côtés de l’Atlantique.

On n’a malheureusement pas besoin de chercher très loin pour en comprendre les motifs. George Soros est juif, il a gagné beaucoup d’argent, et il est en faveur d’un état de droit libéral, progressiste et ouvert sur le monde. Il y a en vérité peu de différences entre les calomnies à l’encontre de Soros et "Les Protocoles des sages de Zion", le brûlot antisémite forgé en 1901 par la police secrète russe et repris dans "Mein Kampf" pour dénoncer un complot mondial sioniste.

Ce qui rend cette action du parlement hongrois particulièrement sournoise est le fait que Soros n’a pu survivre à la Shoah que grâce à l’aide de ses compatriotes. En 1938, le gouvernement de Miklos Horthy édifia une série de lois antijuives par émulation, obligeant la famille Schwartz à devenir Soros. Après l’occupation allemande en 1944, leur jeune fils réussit à se faire passer pour le neveu d’un haut fonctionnaire chrétien, échappant de justesse aux déportations de 437 402 juifs hongrois. Les convoyages de la mort, qui eurent lieu il y a exactement 74 ans, ou moins d’une vie, ne cessèrent qu’après l’intervention du pape, du roi de Suède, et du président Roosevelt. 

Espérons que l’Union européenne aura elle aussi le courage de condamner ces relents éhontés de fascisme en Hongrie.


Résumé du jour

Ne ratez plus rien de l'actualité locale !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir toutes les infos essentielles de la journée!

Recevez chaque soir les infos essentielles de la journée !

Résumé de la semaine

Ne ratez plus rien de l'actu locale !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque samedi toutes les infos essentielles de la semaine !

Recevez chaque samedi les infos essentielles de la semaine !

À lire aussi...

Point de vueCovid et information: étroit passage entre deux écueilsCovid et information: étroit passage entre deux écueils

Covid et information

Yves Sandoz, professeur honoraire de droit international humanitaire revient sur la contestation de faits avérés dans...

  20.10.2021 14:00  Points de vue

Point de vueLes caisses-maladie se moquent des assurésLes caisses-maladie se moquent des assurés

Point de vueMauvaise balance pédagogiqueMauvaise balance pédagogique

Point de vueQuatre questions de société soulevées par la crise sanitaireQuatre questions de société soulevées par la crise sanitaire

Point de vueFootball: la Fifa folle de fricFootball: la Fifa folle de fric

Top