Points de vue

Point de vue de Nicolas Rousseau: «Poutine: guerre ou paix?»

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Politique Vladimir Poutine? «La question n’est donc pas de le détester ou de l’aimer, mais de savoir comment composer», estime Nicolas Rousseau, poète, essayiste, chroniqueur. Comme d’autres personnalités locales, nous l’invitons à s’exprimer régulièrement sur des sujets d’actualité.

 28.08.2019, 12:00
Le président russe Vladimir Poutine au Kremlin.

Poutine, un criminel qui extermine les Syriens, qui vomit l’Union européenne, qui annexe des terres étrangères telle la Crimée, qui réprime toute opposition? Ou plutôt un patriote émérite, un ami des meilleurs nationalistes d’Europe, un défenseur du christianisme contre l’islam? Peut-être plus simplement, un dirigeant surtout soucieux des intérêts de son pays, ni plus ni moins cynique que ceux qui le critiquent ou l’encensent.

Comme beaucoup en Occident, il ne veut pas d’une Syrie qui, son gouvernement renversé, verserait comme la Libye dans un chaos orchestré par les régimes les plus obscurantistes de la région. Il tue des civils innocents dans la province d’Idlib, contrôlée par des combattants d’Al Qaïda? Oui, et certainement autant qu’en ont tué les frappes occidentales sur l’Etat islamique à Mossoul ou à Raqqa.

Il se défie de l’Union européenne? Oui, mais c’est elle qui, dès les années 2000, a refusé le rapprochement qu’il proposait, lui qui se voulait alors un europhile convaincu, plus d’ailleurs que son prédécesseur Eltsine, un ultralibéral orienté surtout vers Washington.

Ni plus ni moins cynique que ceux qui le critiquent ou l’encensent.

Il a annexé la Crimée, péninsule peuplée majoritairement de russophones et stratégique pour son pays? N’importe quel président aurait agi comme lui, d’autant plus que les nouvelles autorités ukrainiennes menaçaient de chasser à terme sa flotte de Sébastopol.

Il réprime son opposition? Oui, mais pas plus qu’Eltsine, qui truquait les élections, et en tout cas moins que ses prédécesseurs communistes ou que les tsars! Et si ses opposants suscitent de la sympathie, ne nous leurrons pas. S’ils accédaient au pouvoir, la plupart s’écarteraient peu de la politique actuelle du Kremlin. Certains affichent même un nationalisme qui nous ferait regretter Poutine.

La question n’est donc pas de le détester ou de l’aimer, mais de savoir comment composer avec les intérêts permanents de l’immense Etat russe. A moins de vouloir changer la carte du monde. Guerre ou paix!


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