Points de vue
 14.09.2020, 15:53

Point de vue d’Yves Sandoz: «Les déductions fiscales sont-elles un cadeau aux riches?»

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"Toutes les déductions fiscales seraient des cadeaux aux riches dont il faudrait alors, logiquement, demander la suppression", écrit Yves Sandoz.

Votations «'L’impôt heureux' restera un éternel débat sur le juste équilibre à trouver entre la solidarité et l’encouragement à l’esprit d’entreprise», estime Yves Sandoz, professeur honoraire de droit international humanitaire. Comme d’autres personnalités locales, il est invité à s’exprimer sur des sujets d’actualité.

Une des propositions soumises au vote le 27 septembre est d’augmenter au niveau fédéral les déductions fiscales par enfant et pour frais de garde. Son but est de mieux prendre en compte la charge financière que représente un enfant – le bonheur d’avoir un enfant ne doit pas cacher les sacrifices et les charges qu’il demande – et de faciliter le travail des femmes. C’est dans cette perspective et dans l’idée de mieux reconnaître l’apport indispensable que constituent les enfants dans une société qui n’arrive plus à se renouveler que l’on perçoit ce projet au premier abord. Il paraît donc étrange de constater qu’il soit présenté par ceux qui le combattent comme un cadeau fait aux riches.

Les arguments de fond cachent des querelles de partis qui, trop souvent, freinent tout progrès

L’argument du «cadeau aux riches» vient de la notion de déductions fiscales. En premier lieu, celles-ci ne touchent pas les plus pauvres, qui ne paient pas d’impôt; ensuite, comme le taux d’impôt est progressif, l’on économise plus en déduisant 3000 francs pour frais de transport si l’on est taxé à 30% que si l’on est taxé à 10%. Dans cette logique, ce sont donc toutes les déductions fiscales qui sont des cadeaux aux riches et dont il faudrait alors, logiquement, demander la suppression.

«L’impôt heureux» selon l’expression de Pascal Broulis, restera un éternel débat sur le juste équilibre à trouver entre la solidarité et l’encouragement à l’esprit d’entreprise. Plutôt qu’un cadeau aux riches – en réalité tous ceux qui paient des impôts – l’on peut donc voir cette proposition comme un (petit) pas en avant vers plus de justice fiscale et, surtout, dans le long combat des femmes pour l’égalité.

Et l’on ne peut s’empêcher de penser, comme c’est le cas dans le débat sans fin sur la meilleure manière de mettre fin à la pénalisation fiscale des couples mariés, que les arguments de fond cachent des querelles de partis qui, trop souvent, freinent tout progrès.


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