Points de vue
 17.01.2020, 12:00

Point de vue d’Yves Sandoz: «Droit international et terrorisme»

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Depuis plusieurs années, l’Etat d’Israël étend ses colonies en Cisjordanie.

Politique internationale «Il n’est pas trop tard pour réagir fermement, conformément à nos valeurs, quitte à refroidir un peu l’atmosphère à Davos», écrit, à propos de la colonisation de la Cisjordanie par Israël, Yves Sandoz, professeur honoraire de droit international humanitaire. Comme d’autres personnalités locales, nous l’invitons à s’exprimer régulièrement sur des sujets d’actualité.

Un entrefilet dans «ArcInfo» du 9 janvier nous annonce qu’Israël souhaite plus que doubler le nombre de colons israélien en Cisjordanie et parvenir à un million d’ici dix ans, annonce qui «a aussitôt été critiquée par l’Autorité palestinienne». Cette brève dépêche de l’ATS donne l’impression qu’il s’agit d’une affaire mineure entre Israël et les Palestiniens. Et pourtant.

Le transfert «par une puissance occupante d’une partie de sa population civile dans le territoire qu’elle occupe» est un crime de guerre inscrit aussi bien dans le Protocole additionnel aux Conventions de Genève que dans le statut de la Cour pénale internationale.

La justice et le droit sont pourtant essentiels pour un petit pays comme le nôtre.

Comment donc comprendre qu’une telle annonce se fasse dans l’indifférence quasi générale, et cela y compris dans notre pays, pourtant dépositaire des Conventions de Genève et siège du CICR, gardien du droit international humanitaire? On ne peut certes pas réagir publiquement à toutes les nombreuses violations de ce droit dans le monde. Mais il s’agit ici de l’annonce ouverte, par un Etat que l’on accueille pourtant à bras ouverts dans toutes les manifestations européennes, qu’il se moque du droit international, fort il est vrai de l’appui d’un parrain américain pour qui ce droit se résume à «America first».

La justice et le droit sont pourtant essentiels pour un petit pays comme le nôtre, y compris en matière de sécurité, car ce sont bien les principaux arguments que l’on peut opposer à l’usage de la force. Une des menaces les plus plausibles pour la Suisse est en effet celle d’attentats terroristes et il est évidemment légitime de tout faire pour tenter de déjouer des actes que rien, jamais, ne saurait justifier.

Mais ce ne doit pas être un prétexte pour ignorer la source des problèmes. Que notre ministre des Affaires étrangères, qui a osé dire que l’agence qui s’occupe des réfugiés palestiniens était le problème plus que la solution, garde aujourd’hui le silence face à l’annonce israélienne d’un développement criminel des colonies de peuplement ne pourrait qu’engendrer des rancœurs et des frustrations qui sont le terreau du terrorisme: il n’est pas trop tard pour réagir fermement, conformément à nos valeurs, quitte à refroidir un peu l’atmosphère à Davos quand Trump y déposera ses valises.


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