Opération marathon
 10.05.2019, 14:26

Opération marathon de New York: «Coup de frein»

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La forêt des Cadolles à Neuchâtel (et son canard!), mon nouveau terrain de jeu.

Chronique Notre journaliste Raphaèle Tschoumy se prépare depuis la mi-avril à courir le marathon de New York le 3 novembre. Elle n’a rien d’une sportive aguerrie et n’a pas couru depuis plusieurs dizaines d’années. Mais elle trouve peu à peu son rythme.

Soyons clairs: si je devais courir le marathon aujourd’hui, je mettrais environ… six heures, voire plus. Autant dire que mon rythme est à peine plus rapide que celui des escargots que je croise dans la forêt des Cadolles à Neuchâtel (mon nouveau terrain de jeu trois à quatre fois par semaine). Pourtant, il y a deux ou trois semaines, j’allais bien plus vite. Mais beaucoup trop vite. Et je me suis essoufflée.

Clavien Kuenzi, l’homme qui me suit pas à pas par application interposée, m’avait proposé des sorties avec des rythmes alternés (cinq minutes de marche, cinq minutes de course).

Pour une raison obscure, je mettais toute mon énergie dans la course (environ 5 minutes/km, soit presque 12 km/h). Un peu comme si je voulais rattraper les trente-cinq dernières années durant lesquelles je n’avais pas couru. Une manière inconsciente de regagner le temps perdu. Sans m’en rendre compte, je courais au fiasco plutôt que vers la ligne d’arrivée new-yorkaise.

Lors de l’une de nos rencontres hebdomadaires, Clavien m’a emmenée sur le terrain. «Cours comme tu le sens et on discute après», me dit-il en souriant. Fin de l’exercice. Sans surprise, son verdict est sans appel: «A ce rythme-là, c’est impossible de tenir. Ton entraînement n’est pas assez avancé. Nous allons procéder par étapes».

Je courais au fiasco plutôt que vers la ligne d’arrivée
new-yorkaise.

Et il m’a appris un truc simple, basique et tout bête: le petit trot. Un petit pas de course entre 6 et 7 kilomètres à l’heure. C’est plus rapide qu’un marcheur. Mais moins que l’écervelée pressée que j’étais encore il y a peu.

Ce rythme a changé mes sorties et donc ma vie. Je ne marche presque plus. Je suis capable de courir une bonne heure avec plaisir, voire plus. Je me permets même des petites accélérations pour voir «comment ça fait».

Sans m’en rendre compte, j’apprends l’endurance et la récupération, tout en courant. Clavien m’assure que dans six mois, je mettrai bien moins que six heures pour franchir la ligne de Central Park. Combien de temps? Ça n’a pas d’importance.

Pour l’instant, je cours. Mon corps et ma tête sont en accord pour aller plus loin. C’est l’essentiel.

Une opération menée en partenariat avec l’Atelier 71 à Neuchâtel.


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