Neuchâtel Xamax FCS
 08.12.2017, 00:01

Toujours ambitieux dans l’humilité

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Les Xamaxiens réalisent une saison en tous points remarquables: mais le président Binggeli veut se garder de tout triomphalisme.

 08.12.2017, 00:01 Toujours ambitieux dans l’humilité

FOOTBALL Christian Binggeli évoque une éventuelle promotion, sans forfanterie.

Neuchâtel Xamax FCS met un terme à la première phase de son championnat ce soir avec la venue de Winterthour à la Maladière (20h). Avec déjà 43 points au compteur, les «rouge et noir» ont pris leurs distances avec leurs poursuivants – ils possèdent aujourd’hui huit unités d’avance sur Servette – et peuvent lorgner la Super League. Petit tour...

Neuchâtel Xamax FCS met un terme à la première phase de son championnat ce soir avec la venue de Winterthour à la Maladière (20h). Avec déjà 43 points au compteur, les «rouge et noir» ont pris leurs distances avec leurs poursuivants – ils possèdent aujourd’hui huit unités d’avance sur Servette – et peuvent lorgner la Super League. Petit tour d’horizon avec le président Christian Binggeli avant la trêve.

Christian Binggeli, comment avez-vous vécu le match de lundi à Genève?

J’ai souffert. Déjà avant le match parce qu’on fait des projections sur ce qui peut se passer. Ensuite, pendant la partie, quand nous connaissons 20 minutes pénibles en première mi-temps. Si nous encaissons un deuxième but, on sent que cela peut devenir extrêmement compliqué. Et puis le match tourne après la pause et quand Nuzzolo égalise, on se dit que c’est juste extraordinaire de revenir. Alors, que dire du but de Corbaz, qui m’a procuré des sensations comme si nous avions fêté une ascension. En début de saison, j’aurais signé tout de suite si on m’avait proposé deux ou trois points d’avance à Noël. Et aujourd’hui, nous en comptons huit.

En zone mixte, vous avez lâché «on a trois orteils en Super League», phrase qui a eu son petit retentissement...

J’aurais dû dire «un ongle» au lieu de «trois orteils». Ce n’était peut-être pas l’endroit pour m’exprimer ainsi. Mais je vis tous les matches à fond. J’ai aussi le droit de montrer mes émotions et de l’enthousiasme.

Cet ongle, il a quand même envie d’être accompagné par les neuf autres, les orteils et les pieds qui vont avec, non?

Nous avons envie de monter en Super League, nous l’avons affirmé d’emblée. C’est notre année. Nous avons prouvé lors du premier tour, même s’il n’est pas terminé, que nous avions effectué du bon travail, avec humilité, qui reste le maître mot.

Une promotion serait-elle une sorte de Graal pour vous qui avez repris le club en deuxième ligue inter?

Cela me tient à cœur, mais pas à titre personnel. Pour le comité, ce serait évidemment un aboutissement. Cela constituerait la plus belle des récompenses que de faire partie des dix meilleures équipes du pays. C’est un beau rêve. Et cela ferait du bien à tout le canton.

Mais vous n’êtes pas encore en Super League. Servette va certainement se renforcer cet hiver. Qu’en sera-t-il à Neuchâtel?

Nous possédons une superbe équipe, qui fait preuve d’un état d’esprit remarquable. Son unité lui permet de déplacer des montagnes. Honnêtement, aujourd’hui, je ne sais pas quoi changer. Certains diront que nous avons besoin d’un attaquant, d’un défenseur central ou d’un latéral gauche. Il ne faut pas engager pour engager, avec le risque de perturber l’ambiance d’équipe. Nous voulons d’abord bien terminer contre Winterthour, puis nous analyserons la situation avec sagesse dès la semaine prochaine.

Pourtant, en cas de promotion, renforcer l’équipe sera indispensable. Ce travail ne commence-t-il pas aujourd’hui déjà?

Nous irons à Vaduz, recevrons Aarau et Servette avant d’aller affronter Chiasso à la reprise. Nous ferons le point après ces quatre matches. Il est évident que si nous montons, nous devrons trouver quatre ou cinq renforts. Dans un monde idéal, j’aimerais que ceux qui sont là cette année puissent vivre l’aventure de la Super League. Mais nous serons amenés à faire des choix. Cette période sera compliquée et cela me travaille déjà.

Avec quels moyens pourrez-vous agir sur le marché des transferts?

Nous établirons un budget compris entre 6,5 et 7 millions de francs (il est de 4,5 millions cette saison). En cas de promotion, nous toucherions 1,3 million de plus qu’aujourd’hui en droits TV (de 500 000 à 1,8 million). Mais il ne faut pas se leurrer. Si nous montons, nous ne jouerons pas l’Europe, mais le maintien. Nous ne serons pas dans le même monde que Bâle, Young Boys, Zurich, ou même Lausanne. Nous n’aurons pas un million à mettre pour transférer un joueur.

Dans ce cas, comment comptez-vous procéder?

Il ne faut pas se cacher et oser dire que nos moyens seront limités. Dès lors, il serait intéressant de collaborer avec des clubs de Super League, en négociant des prêts, par exemple.

La mission promotion est bien lancée, mais la saison 2018-2019 pourrait être compliquée, non?

Nous allons tout mettre en œuvre pour continuer de grandir pas à pas et, en cas de promotion, construire la meilleure équipe possible. Certains prétendront que la sagesse recommanderait de rester en Challenge League. Mais le public et les sponsors en veulent davantage. Nous aurons besoin de soutien, mais il n’y a pas de raisons de tirer le frein à main.

Finir en beauté

«Cela n’a pas été facile de trouver le sommeil après le match de Genève (remporté 2-1 à la 95e). Mais dès mardi, nous nous sommes remis au travail. C’est bien que ce dernier match arrive tout de suite. Nous allons tout donner car nous voulons partir en vacances sur quelque chose de bien.» Auteur du but victorieux contre Servette, Thibault Corbaz a les idées claires sur ce que les Xamaxiens doivent faire ce soir à l’occasion de la venue de Winterthour (20h). «Nous ne sommes pas allés gagner à Genève pour ensuite perdre des points à domicile», renchérit Michel Decastel.

Face à l’avant-dernier, Xamax n’aura qu’un objectif: signer une 15e victoire en 18 matches cette saison. «Les Zurichois ont perdu à domicile face à Schaffhouse (1-0), ils sont peut-être dans le doute», relance le boss de la Maladière. «La défense n’est pas leur point fort.» Pour étayer les dires de Michel Decastel, signalons que les deux dernières visites de Winterthour à la Maladière se sont soldées par deux revers 4-1. «En début de saison, ils ont essayé de jouer au ballon. Maintenant, ils semblent davantage spéculer sur les contres. Nous devrons nous méfier et faire preuve de la même volonté et détermination que lundi», termine «Mini», qui composera sans Tréand ni Qela (blessés). Michel Decastel pourrait être tenté de laisser Corbaz, Veloso ou Nuzzolo sur le banc pour éviter tout risque de suspension pour la reprise, eux qui sont à trois avertissements. En outre, le prix de tous les articles de merchandising sera réduit de 20%.

Trouver une solution entre les M18 et la première

La prochaine étape importante sera l’obtention de la licence pour la Super League...

Nous l’avions déjà obtenue l’an passé. Nous devrons rendre le dossier début mars et répondre à quelques exigences supplémentaires. Mais nous serons à même de faire le nécessaire en termes d’infrastructures – en collaboration avec la Ville pour installer des filets derrière les buts par exemple – ou de sécurité vu les affluences plus conséquentes qui nous attendraient.

Au-delà de la demande de licence, que désirez-vous améliorer?

Nous aimerions pouvoir créer le poste de directeur technique et nous devons développer notre manière de faire du scouting. En outre, nous avons grandement besoin d’une deuxième équipe afin de pouvoir offrir du temps de jeu à tout le monde. L’expérience que nous avons effectuée en deuxième ligue fut un échec. Nous devons trouver un club avec qui collaborer. C’est quelque chose de difficile avec une organisation de Promotion League ou de première ligue, qui rechignent à prendre en charge une partie du salaire pour des joueurs que nous ne voyons plus ensuite. Il serait plus aisé de le faire avec un club de deuxième ligue interrégionale, pour des joueurs qui pourraient s’entraîner avec l’une ou l’autre équipe.

Et d’un point de vue administratif?

A ce niveau-là, nous sommes bien. Il n’y a pas besoin d’avoir une équipe de 15 personnes. De plus, avec l’arrivée de Raphaèle Tschoumy (en tant que responsable communication), nous avons gagné en visibilité.

Avant la venue de Winterthour ce soir, vous êtes à 3315 spectateurs de moyenne par match (soit près de 400 de plus que sur l’ensemble de la saison dernière). Le public répond-il à vos attentes?

Et toutes les loges sont réservées pour ce soir, ce qui est réjouissant pour un vendredi soir de décembre. L’enthousiasme autour du club est bien présent et cette augmentation de l’affluence me réjouit grandement.

Certaines rumeurs font état de tensions entre la SA et la Fondation Gilbert Facchinetti. Qu’en est-il?

L’absence d’équipe dans le secteur de la post-formation (une équipe de M21) nous pose problème. En effet, l’écart est immense entre les M18 et la première équipe. C’est pourquoi nous devons trouver une solution pour qu’un palier supplémentaire puisse être établi entre les deux équipes. Tous les M18 n’ont pas la possibilité d’intégrer la première équipe, c’est une question de gabarit, de caractère aussi. Certains points de vue divergent, mais nous allons tout faire pour que nous trouvions un moyen de satisfaire tout le monde.


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