Neuchâtel Xamax FCS
 25.01.2020, 05:30

«Je suis bénévole à Xamax»

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Xamax: confidences de bénévoles.

Football Ils sont dans l’ombre et ils ont une caractéristique peu commune en commun: ils aiment le football et Xamax. Mais la plupart d’entre eux ne voient aucun match. Ce sont les bénévoles, les petites mains qui permettent l’organisation de matches XXL à la Maladière.

Nous vous présentons cinq bénévoles emblématiques du club.

Martine Calame, 60 ans, Serrières, bénévole depuis 1990
Mathieu Liengme, 32 ans, Serrières, bénévole depuis 2003.


Photo: Muriel Antille

«C’est vieux, très vieux…» Elle en dit long, la réponse de Martine Calame lorsqu’on lui demande depuis quand elle œuvre pour Neuchâtel Xamax. «Depuis 1990… je crois», finit-elle par se souvenir. Soit 30 ans de bénévolat et de fidélité, autant dire une éternité dans une société où tout bouge et tout s’accélère.

Mais pour celle qui est désormais responsable de la vente des billets aux caisses avant les matches, l’aventure xamaxienne a débuté bien avant cela encore. A l’entendre, on se persuade même que son engagement à la Maladière relève d’une sorte de destin.

Elle doit en effet son virus «rouge et noir» à ses parents, avec qui elle a commencé de se rendre au stade au milieu des années 1970. Plus particulièrement à son père. Ce dernier ne s’y déplaçait alors pas en simple supporter, mais en tant que président des juniors. «C’était l’époque de la Coupe d’Europe et encore de l’ancienne Maladière», songe-t-elle avec un brin de nostalgie.

La famille à l’unisson

La passion familiale fut telle que sa sœur, puis son neveu, sont aussi entrés dans la danse en décidant de donner de leur temps au club. Ce dernier, Mathieu Liengme, s’est vu embrigadé tout jeune, à 15 ans. «Avec ma famille, j’étais dans une situation particulière, c’est vrai. Ils étaient tous déjà engagés. Mais ce n’était ni une obligation ni une punition», assure-t-il. Supporter de l’équipe depuis toujours, il a simplement voulu «s’investir de manière concrète.»

Durant toutes ces années, leur rôle n’a que très peu changé. Lui et sa tante se sont d’abord occupés de contrôler les caisses des cantines. «Souvent on terminait tard. On refaisait les rouleaux de monnaie», sourit Martine. Aujourd’hui, c’est ainsi peut-être à eux que vous direz si vous souhaitez être «assis tout à gauche» ou «derrière les buts».

«Les Neuchâtelois en général ont tendance à venir au dernier moment», poursuit-elle. Puis elle prend un peu de recul. «C’est un domaine un peu bizarre, les caisses. Certaines fois, on s’attend à une grosse affluence et il n’y a personne. D’autres fois c’est l’inverse.» Et évidemment, depuis sa position, en dehors de l’enceinte, elle ne peut jamais ou presque profiter du match. «On travaille jusqu’à la mi-temps. En général, on ne peut regarder que les trente dernières minutes. C’est embêtant, oui, mais l’ambiance est bonne et on a beaucoup de plaisir.»

Avec cette filiation, la succession de Martine à la tête des caisses ne fait pas grands doutes. «Je pense que je reprendrai sa place lorsqu’elle arrêtera, effectivement, dévoile Mathieu. Mais seulement si le club veut encore de nous. Cela dépendra du président qui sera en place.»

Vladimir Carbone, 58 ans, La Neuveville, bénévole depuis 2016


Photo: Muriel Antille

Homme aux mille activités et à l’agenda bien chargé, Vladimir Carbone ne se serait «jamais imaginé bénévole dans un club de foot», il y a peu encore, avoue-t-il. Son fils Maël jouait avec les M18 du club «rouge et noir» et il sillonnait la Suisse entière pour l’accompagner. «J’étais toujours au bord des terrains. Etre bénévole était inenvisageable. Et du foot, pour un non-initié, j’en avais bien assez.»

Pourtant, voici quatre ans, lorsque Xamax effectuait sa folle remontée, un concours de circonstances est venu chambouler l’ordre des choses. A ce moment-là, celui qui n’est autre que le chancelier municipal de La Neuveville avait fait le choix de se décharger un peu professionnellement. Il n’en a pas fallu plus à Rémy Voirol, son ami et homologue à la ville de Neuchâtel, pour le solliciter à s’engager pour le club xamaxien.

Pas le moindre regret

«Je lui ai dit que je ne savais pas si cela valait la peine. Que je n’y connaissais rien et que je n’étais pas de ce monde.» Deux jours plus tard, voici le président Christian Binggeli qui l’appelle pour tenter lui-même de le convaincre. «Au final, ils m’ont vite pris le temps que j’avais décidé de prendre pour moi», remarque-t-il dans un éclat de rire.

Il ne regrette aujourd’hui pas le moins du monde ce revirement. «J’y ai trouvé un énorme plaisir. J’ai appris à connaître beaucoup de gens.» Ce n’est pas peu dire. Avec Véronique Roy, chargée des buvettes, ils gèrent une équipe de près de 90 personnes lors des matches importants. Ce sont eux qui se chargent de leur répartition aux différents points de restauration du stade. «Il faut composer avec les désistements de dernière minute. A chaque fois il y en a 5 ou 6. Mais ça fait partie du jeu.»

Lui non plus, comme beaucoup de bénévoles, ne peut pas assister au spectacle sur le terrain lorsqu’il est de service. Il est, dit-il, «toujours à courir dans les coursives. Quand tout va bien, je peux regarder 10 ou 20 minutes.»

Nicole Maurer, Zurich, bénévole depuis 2014


Photo: DR

«Ja…» décroche-t-elle. On est d’abord désarçonné. Puis on se demande si l’on devait vraiment s’attendre à autre chose en appelant la personne chargée de la traduction du site internet de Neuchâtel Xamax.

D’origine zurichoise et parfaitement bilingue, Nicole Maurer s’occupe en effet depuis 6 ans de faciliter la vie des fans suisses allemands du club neuchâtelois. «On ne se rend pas compte, mais il y en a beaucoup», s’étonne-t-elle. «J’en connais qui habitent Thoune ou Schaffhouse, par exemple, et qui se déplacent à la Maladière à tous les matches. Il y a une vraie sympathie pour Xamax dans certaines régions outre-Sarine.»

Le déclic qui a poussé Nicole Maurer dans la joyeuse bande des bénévoles «rouge et noir», en revanche, n’avait rien de sympathique. Juste après la faillite du club, son amour pour la langue fut frappé de plein fouet lorsqu’elle est tombée sur une annonce de la page internet xamaxienne.

Passion intacte

«Une honte: il y avait au moins 24 fautes en trois phrases, se marre-t-elle, encore un brin choquée. J’ai envoyé un mail pour leur dire qu’il fallait absolument faire quelque chose.» Peu de temps après, le président Christian Binggeli lui téléphonait pour lui proposer de prendre elle-même les choses en main. Ce qu’elle fit, et ce qu’elle fait encore depuis les bords de la Limmat, où elle est repartie travailler au milieu des années 80, après avoir grandi à Neuchâtel.

Car même si elle vit à plusieurs centaines de kilomètres du Littoral, sa passion pour son club de toujours reste intacte. «Vous ne voulez pas que je supporte Zurich, ou Grasshopper, ou bien? Franchement, qui aime GC?», chambre la quinquagénaire, portée de stade en stade par son fils footballeur.

Puis elle revient sur sa tâche. «Au fur et à mesure que le site est alimenté, je le traduis au maximum dans les 48 heures.» Sa contribution est vivement appréciée, d’autant qu’elle est loin d’être banale. Beaucoup de clubs ne communiquent encore que dans une seule langue. Ou, «pire» pour elle: lorsqu’ils consentent à un effort de traduction, ils le font parfois seulement en anglais. «Et pas dans une de nos langues nationales!»

Jean-Pierre Grivel, 64 ans, Neuchâtel, bénévole depuis 1985

Photo: Muriel Antille

«Il y a souvent des gens qui essayent d’entrer avec des cartes périmées. Il arrive même qu’on les voie passer deux ou trois frois de suite», concède sans étonnement Jean-Pierre Grivel. Ce n’est en tout cas pas à lui qu’on la fera. «Briscard» parmi les briscards, stadier depuis 35 ans, il a déjà tout vu ou presque se profiler aux tourniquets de la Maladière.

Il est d’ailleurs croustillant de préciser qu’il n’est pas le seul dans ce cas-là. Trois décennies plus tard, quelques-uns des coéquipiers de 2e ligue avec qui il avait commencé l’aventure sévissent encore aux entrées. «Ce sont des fidèles. Et ceux qui n’œuvrent plus comme bénévoles ont tous ou presque un abonnement.»

Du haut de sa longue carrière, ce sexagénaire bientôt à la retraite occupe une position forcément privilégiée pour observer les changements de mœurs aux abords des pelouses. Avec regret. «Quand j’ai commencé, j’ai l’impression que l’ambiance était beaucoup davantage bon enfant entre supporters adverses. Il y avait moins d’insultes. On pouvait accueillir le Real Madrid, cela ne posait pas de problème.»

Autres temps, autres mœurs

Par-dessus tout, et comme cela pourrait être le cas ce week-end, il regrette l’animosité qui règne de plus en plus entre les clubs romands: «J’ai les poils qui se dressent quand je pense à toute la sécurité qu’il faut mettre en place lorsqu’on accueille Sion ou Servette. C’est dommage. On se tire dans les pattes alors qu’on devrait tirer à la même corde.» 

Jean-Pierre Grivel a aussi vu passer nombre de présidents à la barre du club neuchâtelois. Il loue le travail accompli par Christian Binggeli, admire encore Gilbert Facchinetti, mais attend de voir de quoi l’avenir sera fait avec son successeur, Jean-François Collet. «On verra si je continue ou pas», réfléchit-il.

Antoine Membrez


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