Les Médias
 10.10.2019, 05:31

Le salut par la qualité et la proximité

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Notre journaliste Frédéric Mérat échange avec le chanvrier Bernard Rappaz à Neuchâtel.

Médias La presse a connu de très belles années. Elle a aussi cru, comme tous ou presque, qu’internet lui offrirait profits infinis. Si, aujourd’hui, tout est plus rude, la crise accouche d’une belle promesse d’avenir pour les médias locaux: sur papier ou sur le web, le salut passera par une attention toujours plus marquée à ces deux mamelles de la locale que sont la qualité et la proximité.

Pendant près de 200 ans, la presse écrite a vécu selon un paradigme économique se révélant stable et rentable, ayant permis au «4e Pouvoir» de jouer pleinement son rôle dans les démocraties naissantes. On disait alors d’un journal qu’il gagnait sa vie tant par l’argent de la publicité, pour deux tiers, que par sa vente au numéro ou à l’abonnement, pour le tiers restant. Mais ce modèle dit «biface» semble avoir définitivement vécu.

Du moins l’avènement d’internet le met-il depuis plusieurs années à rude épreuve. Et pour cause: la publicité se fait de plus en plus disparate, et donc rare, tandis que le lecteur a pris l’habitude (mauvaise?) de s’informer gratuitement.

De là la nécessité de réinventer à la fois le métier de journaliste, tout en maintenant ses fondamentaux, à la fois repenser le système économique qui permet son existence. Et après des années de tâtonnement, une évidence semble se dessiner: faire porter aux annonceurs le gros du financement d’un journal n’est plus envisageable. C’est bien aux lecteurs qu’incombera désormais cette tâche. Pour autant, bien sûr, qu’il le veuille.

Le prix du travail bien fait

La presse est donc dans cette situation de devoir renforcer son lien – y compris financier – avec son lectorat. Mais cela ne se fera pas sans preuve. De nombreuses rédactions romandes – et mondiales – dont celles d’«Arcinfo», du «Nouvelliste» et de «La Côte», ont fait le pari ambitieux d’opter pour davantage de qualité journalistique dans l’information de proximité.

Un engagement pris envers un lectorat qui a, lui aussi, à s’engager: certes, la survie de la presse passera par de la volonté et du talent, certes le monde politique va devoir penser sérieusement à une aide véritable par le biais de la subvention, mais le dernier mot, ou le premier, reviendra toujours au lecteur.

C’est en effet le lecteur-abonné qui décidera de faire confiance aux journalistes, et de les payer pour leur travail. C’est un retour au bon sens: un journaliste, comme un cuisinier ou un garagiste, ne brade pas son travail. Car l’information a un coût. Celui de journalistes professionnels que les mutations de la société forcent à devoir être encore plus pertinents.


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