Le pourquoi du CIES
 30.01.2020, 16:00

Pourquoi la situation financière du football européen présente plusieurs défis?

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La part des salaires dans le budget des clubs suisses (ici Bâle et Young Boys) est en augmentation. (KEYSTONE/Alessandro della Valle)

Argent Derrière l’abréviation CIES se cache le Centre international d’étude du sport, dont le siège est installé dans le très imposant palais DuPeyrou, à Neuchâtel. Chaque mois, un chercheur du centre nous propose son regard sur une question d’actualité. Aujourd’hui Fernando Roitman.

L’UEFA a publié la semaine dernière son nouveau «Club Licensing Benchmarking Report» annuel, un document exhaustif qui – parallèlement à de nombreux autres aspects – résume l’état de santé financière des clubs du football européen.

La première donnée qui suscite l’intérêt est certainement positive. Pour la deuxième année consécutive, les clubs participant aux 55 championnats de première division en Europe ont enregistré un profit net agrégé. Bien que la valeur actuelle de 140 millions d’euros soit moindre par rapport à celle de 579 millions de l’année précédente, il s’agit malgré tout d’une variation réjouissante en comparaison de la situation antérieure à l’introduction du Fair Play Financier. En effet, en 2011, le total agrégé représentait une perte totale de 1,670 milliard d’euros.

Ceci dit, le rapport (qui couvre la période financière 2018) met également en évidence quelques tendances moins positives. A titre d’exemple, seulement 19 des 55 championnats analysés ont enregistré un résultat net agrégé positif, contre 28 l’année précédente. De plus, pour 10 de ceux-ci, cette donnée s’explique principalement par des opérations de transfert de joueurs qui ont permis de compenser des valeurs négatives au niveau opérationnel.

Mercato essentiel en Suisse

Le cas de la Suisse, illustre concrètement cette circonstance, étant donné que les transactions découlant de son mercato se sont révélées fondamentales pour passer d’un déficit opérationnel marginal proche des 14% à un profit net marginal agrégé établi autour des 4%.

On observe en amont de situation une inflation salariale soutenue au cours de l’année 2018. Concernée par une croissance de 9,4%, cette donnée atteint non seulement une valeur sensiblement plus élevée relativement à celle de la croissance des revenus, mais représente également la valeur la plus haute depuis 2010.

Il en a résulté une augmentation de 61,3% à 63,9% du ratio entre masse salariale totale et revenus, un des indicateurs retenus par la confédération européenne pour apprécier la durabilité financière d’un club.

L’écart augmente

Dans le détail, ce sont 26 pays qui ont enregistré un rapport supérieur ou égal à 70%, valeur au-delà de laquelle la situation est définie comme à risque par l’UEFA. En Suisse, cette valeur a subi une croissance de 67% à 70%.

Par ailleurs, au-delà des valeurs agrégées encourageantes découlant des données présentées, le rapport même confirme que la situation générale présente des défis.

Parmi ceux-ci, et dans le scénario actuel, qui démontre que les différences entre les clubs les plus riches et ceux plus modestes continuent de se creuser – en 2018, 75% des revenus ont été générés par cinq des plus grands championnats européens, un record – le défi principal consistera à assurer la stabilité et la durabilité du football européen à tous les niveaux.


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