Le Chant du Gros
 06.09.2019, 20:05

Georgio au Chant du Gros: «Je suis un être assez positif, presque naïf»

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Interview On a parlé littérature, mélancolie et engagement avec Georgio. Le rappeur français s'est produit ce vendredi sur la scène Déménage au Chant du Gros.

Il connaît la Suisse romande pour y avoir déjà fait quelques dates et pour avoir enregistré une partie de son troisième album dans la campagne fribourgeoise. Georgio se produisait ce vendredi soir au Chant du Gros.

C’est un chouïa transi par la fraîcheur franc-montagnarde, la capuche turquoise bien enfoncée sur les oreilles, le smartphone à portée de main, que le rappeur français a répondu à nos questions. En toute décontraction.

Vous étiez en train de regarder un match de basket avant cette interview. Mais vous êtes aussi adepte de littérature. Quelles sont vos lectures actuelles?

Oui, je regardais les Championnats du monde, Italie – Espagne (sourire). Je suis en train de lire Marguerite Duras. Ma prochaine lecture, ce sera «Home» de Toni Morrison. D’elle, j’ai déjà lu «Jazz». C’est l’un des plus importantes auteures afro-américaines. Elle s’est battue pour la liberté, pour faire entendre les voix des plus démunis. Une personne forcément inspirante…

Parlant d’inspiration, une partie de votre public est assez jeune. Ressentez-vous une forme de responsabilité vis-à-vis de vos fans?

Je ne me bride ou ne me censure jamais dans mes textes en me disant qu’ils sont potentiellement trop violents. Cela dit, j’ai pleinement conscience d’être écouté. Et je pense que cela m’influence inconsciemment. J’ai aussi des retours directement depuis Facebook, Twitter, Instagram, sur la musique, les paroles, ma voix. Chacun a sa sensibilité.

Quels sont les trois sujets sur lesquels vous vous exprimez facilement?

Ma vie, je me livre facilement, l’amour, et puis un certain sentiment de nostalgie.

Sur «Bleu Noir», votre premier album, certains de vos textes dégagent en effet une grande mélancolie. Vous diriez que vous êtes quelqu’un de plutôt optimiste ou pessimiste?

«Bleu Noir» était dur à faire. Mais je le souhaitais ainsi et j’essayais toujours de glisser de l’espoir. Au fond, je suis un être assez positif, presque naïf. Mais je me mets aussi parfois en colère…

Qu’est-ce qui vous a mis en colère dernièrement?

C’est que le président français Emmanuel Macron ait décidé de privatiser la Française des Jeux (réd: l’enseigne détient le monopole des jeux de grattage et de paris en France. Le retrait de l’Etat pourrait lui rapporter jusqu’à 1,5 milliard d’euros, mais réduire les dividendes qu’il perçoit en tant qu’actionnaire). Les services publics ont besoin de cet argent. A court terme, l’action est compréhensible, mais à long terme…

Pour mon prochain album, je prépare une chanson consacrée aux millionnaires où je dis qu’on ne peut être millionnaire sans exploiter la misère…

A quoi aimeriez-vous que le monde ressemble?

Une société écologiste où l’argent serait mieux distribué. Sans être communiste, je pense qu’on est arrivé à un stade où on comprend que le système capitaliste ne fonctionne pas et tue.

Et vous, où vous voyez-vous dans 10-20 ans?

Je n’en ai absolument aucune idée! Je préférerais me laisser glisser au fil des rencontres, voir ce que les gens que je rencontre m’inspirent. Actuellement, je me vois encore dans la musique, mais j’ai aussi d’autres projets, en photographie par exemple, que j’aimerais voir aboutir.


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