Le Chant du Gros
 06.09.2019, 21:00

Charlie Winston au Chant du Gros: «Mes chansons, ce sont comme des prières»

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Charlie Winston en a sous le chapeau.

Interview C’est tout en classe et en gentillesse que Charlie Winston a répondu à nos questions ce vendredi soir avant son concert au Chant du Gros.

Il vous offre du raisin en arrivant dans sa loge et accueille vos questions avec bienveillance. Son emblématique chapeau toujours posé sur la tête, Charlie Winston porte sur le monde un regard empreint de sérénité. Interview.

Dans quel état d’esprit étiez-vous au moment d’écrire «Square 1», votre quatrième album (2018)?

En anglais, nous avons une expression qui dit «to be back to square one» et qui veut dire revenir à la case départ. Après mon troisième album, j’en étais arrivé à un stade où je ne reconnaissais plus l’industrie musicale comme un espace de créativité. Comme adolescent, j’écoutais de la musique indienne, de la musique africaine, pas du tout de la pop! Et j’ai voulu revenir à mes passions d’origine.

A la même période, j’ai eu de gros problèmes de santé et nous avons découvert que mon fils était épileptique. Et lorsque la santé ne va plus… D’où ce titre.

Quel est le résultat?

Quelqu’un a résumé l’album en disant qu’en l’écoutant, on se dit que la vie est dure, mais qu’elle mérite d’être vécue. J’ai voulu raconter la souffrance, mais aussi l’espoir. Et puis, toutes les chansons ne sont pas à mon sujet. Sur «Airport», je parle des migrants. Mon vécu avec les migrants (réd: il s’est rendu dans des centres d’accueil à Berlin, en Macédoine et dans la «Jungle» de Calais) offre une certaine perspective…

Sur les réseaux sociaux, vous postez régulièrement des messages sur le réchauffement climatique, l’extinction de certaines espèces animales. Pourquoi?

Parce j’aime ma maison! Si vous avez un chat ou un chien qui est malade, vous cherchez de l’aide pour qu’il aille mieux. Mais peu de monde applique ce raisonnement à la Terre ou aux espèces en danger. Mais je ne me décris pas comme engagé. J’ai d’ailleurs de la peine avec cette notion: qu’est-ce que cela veut dire engagé, non engagé?

Vous semblez si calme. Comment vivez-vous au milieu des strass et des paillettes?

Je suis un bon acteur (rires)! Je sais que je dois beaucoup travailler pour ne pas être affecté. Je ne sais pas, je suis intéressé par la vie, pas par l’argent. J’ai conscience de vivre dans un business, mais chacun est libre de choisir sa manière de vivre.

«Like a Hobo» est sorti il y a 10 ans. Prenez-vous toujours du plaisir à jouer ce morceau?

Je ne fais pas de chanson si je n’y crois pas. Tout est une question de valeurs. «Like a Hobo» tout comme «In your hands» sont des titres porteurs de valeurs, mes valeurs. Ecrire, c’est comme composer sa propre Bible. Lorsque je joue, je suis comme un musulman qui se rend à la mosquée. Ces chansons, ce sont mes prières.

 


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