14.05.2020, 05:30

Chronique égalité: «Covid-19: inégalités mises en évidence»

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Dans les soins comme dans les grands magasins, les femmes sont en première ligne.

Pandémie Jusqu’au dimanche 14 juin, nous donnons chaque 14 du mois la parole aux membres du Collectif Neuchâtelois pour la grève féministe. Aujourd’hui, Isabel Amián revient sur le rôle prépondérant des femmes pendant la crise du Covid-19.

Le Covid-19 a mis en évidence les inégalités économiques, sociales et culturelles de notre système basé sur l’efficacité commerciale. Après de longues semaines d’incertitude et de peur, la pandémie semble régresser et un éventail de réflexions nous vient. Nous remarquons l’importance des métiers en lien avec la santé et l’alimentation, qui sont en majorité féminins et très peu valorisés.

Quand nous sommes à la caisse, nous ne regardons plus les vendeuses comme avant, un sentiment de reconnaissance et de solidarité nous envahit. Sans oublier que sans le personnel soignant, nous ne sommes rien. Les choses doivent changer!

Cette pandémie a mis aussi en évidence le rôle essentiel des travaux liés à la reproduction sociale, si maltraités par notre société. Une fois de plus les femmes ont montré leurs superpouvoirs en apprenant sur le tas et en assumant l’école à la maison, les repas, les soins. C’est vrai, cela a permis également à certains pères de profiter du temps avec leurs enfants, mais surtout de découvrir la lourde tâche que représente le «care».

Nous payons actuellement les pots cassés du système capitaliste patriarcal.

Le jonglage a des limites et il est impératif d’avoir un service public d’accueil de l’enfance de qualité et d’octroyer aux employées de l’économie domestique, oubliées par le Conseil fédéral, une allocation de chômage, quel que soit leur statut.

La crise est là avec des faillites d’entreprises et des licenciements. Les femmes sont en plus doublement punies: leur salaire est diminué à 80% alors qu’elles travaillent majoritairement à temps partiel, sans oublier le 20% de différence salariale avec les hommes, et qu’elles sont surreprésentées dans les métiers à risque.

Nous payons actuellement les pots cassés du système capitaliste patriarcal. En même temps cette crise nous révèle à nous-mêmes et nous permet d’appréhender l’avenir avec un besoin de changement. Nous ne voulons pas retourner à l’anormalité. La reprise doit être féministe, locale, solidaire et écologique.

Pour ne pas commettre les mêmes erreurs, il faut placer la vie humaine au centre du redémarrage, réaliser que la nature a ses limites et qu’on a besoin les uns des autres. Et surtout, partager de manière équitable les obligations que cela engendre.

Ça y est, on voit déjà des avions dans le ciel. Vite changeons le monde! Ma foi, ce n’est pas si facile. Pourtant, crise est synonyme d’opportunité, opportunité de sortir de ce modèle patriarcal et de construire un avenir qui octroie, enfin, le droit légitime aux femmes de s’approprier leur espace dans la société. C’est mérité!


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