Fédérales 2019: pour l'UDC, la Suisse n'est plus un pays sûr

Mis à mal dans les sondages par la question environnementale, l'UDC a décidé d'abattre ses propres cartes en vue des fédérales 2019. Il mise une nouvelle fois sur la question sécuritaire en affirmant, dans son programme, que la Suisse n'est plus un pays sûr.
14 août 2019, 11:28
/ Màj. le 14 août 2019 à 11:25
Pour ces fédérales, l'UDC d'Albert Rösti a choisi de miser sur des thèmes qui ont fait son succès: la sécurité et l'immigration (illustration).

La Suisse n'est plus un pays sûr, estime l'UDC. Dans un document stratégique présenté mardi, le parti met cette évolution sur une politique "laxiste", une application "molle" des lois et l'ouverture des frontières à la suite de l'adhésion à l'Espace Schengen.

Résultat: la Suisse compte aujourd'hui parmi les Etats à criminalité élevée, selon l'UDC, pour qui il faut absolument éviter que le pays devienne un "eldorado des criminels de tous bords".

La Suisse ne doit pas devenir un eldorado des criminels de tous bords.
L’UDC suisse, dans son programme des fédérales 2019

Dans son document stratégique "Criminalité et sécurité", le parti demande que la politique veille enfin à ce que les délits soient sanctionnés par des peines sévères et que les lois soient rigoureusement appliquées.

La Suisse doit à nouveau contrôler ses frontières comme avant son entrée dans l'Espace Schengen. Elle est entourée de partenaires affaiblis dont elle ne peut guère attendre d'aide dans une situation critique, estime l'UDC.

 

 

"Immigration démesurée"

L'Etat a aujourd'hui tendance à s'occuper de tout et de n'importe quoi, dénonce l'UDC, mais il néglige son devoir principal: la sauvegarde des droits de la liberté du peuple et la protection des femmes et des hommes contre le crime et les criminels. Pour le parti, la criminalité porte un nom: l'immigration "démesurée".

Le parti en veut pour preuve la statistique de 2018: 432'754 violations du Code pénal, 76'308 de la loi sur les stupéfiants et 38'405 de la loi concernant les étrangers ont été enregistrées l'an dernier. Le nombre de ressortissants étrangers inculpés a augmenté de 4%. Ainsi, 128‘621 vols ont été recensés, mais à peine un quart ont été élucidés.

Les peines pécuniaires avec sursis n'ont strictement aucun effet, il faut y renoncer définitivement.
L’UDC suisse, dans son programme des fédérales 2019

Pour l'UDC, cette situation se répercute directement sur le sentiment de sécurité des habitants du pays. Et de peindre le diable sur la muraille: de nombreux citoyens ne se sentent plus en sécurité. Des personnes âgées, mais aussi des femmes n'osent plus sortir dans la rue le soir. Des jeunes femmes subissent des attouchements, des menaces, voire sont victimes d'agressions sexuelles sur la voie publique.

Pour remédier à cette situation, ce parti propose tout un catalogue de mesures. L'Etat doit ainsi cesser de traiter avec ménagement les criminels et les malfaiteurs violents. Les peines qui menacent les criminels doivent être adaptées à la réalité actuelle dans le cadre du projet d'harmonisation des peines.

Comme les peines pécuniaires avec sursis n'ont strictement aucun effet, il faut y renoncer définitivement. Le Code pénal doit être modifié dans le but de supprimer le "rabais pénal".

Retour du contrôle aux frontières

Il faut également corriger les aspects négatifs de la migration: l'Etat doit à nouveau contrôler les frontières et stopper l'immigration clandestine et la migration de criminels. Tous les étrangers criminels et les prétendus "cas individuels" doivent être systématiquement expulsés.