Eclairage
 21.01.2019, 12:01

Eclairage: «Pesticides: et les compétences locales?»

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La députée neuchâteloise Céline Vara propose d'interdire les pesticides. Le Grand Conseil en débat le mercredi 23 janvier.

Environnement Des universitaires nous éclairent sur des sujets d’actualité, de société, ou de recherche. Aujourd’hui, Alexandre Aebi de l’Université de Neuchâtel évoque l’interdiction des pesticides dans le canton de Neuchâtel.

Dans un postulat, qui sera débattu mercredi 23 janvier au Grand Conseil neuchâtelois, la députée des Verts Céline Vara souhaite initier une réflexion cantonale sur les pesticides de synthèse. Sa proposition est d’étudier la faisabilité de la mise en place de mesures réduisant leur usage ou, tout simplement, de les interdire.

Sensible aux arguments écologiques, elle brosse un tableau très précis de l’état de l’environnement et du contexte politique actuel. Tout y est! L’état de nos cours d’eau contaminés par 104 pesticides, la diminution d’un tiers des populations d’oiseaux et la réduction de 80% de la biomasse d’insectes en trente ans. Nos écosystèmes sont contaminés et la biodiversité s’érode inexorablement.

Une étude neuchâteloise, publiée la semaine passée, vient de démontrer que les moineaux étaient tous contaminés par des néonicotinoïdes. Bien que le Conseil d’Etat considère que la compétence d’interdire l’usage de pesticides est purement fédérale, des cantons proposent des solutions. Vaud se dirige vers une interdiction du glyphosate et les cantons du Jura et du Valais vont réduire de 50% leurs usages de pesticides. Vous l’aurez compris, il est urgent d’agir et de s’attaquer à cette problématique aussi complexe soit elle.

Il y va de notre avenir

Il y va de notre avenir, de notre capacité à produire des denrées alimentaires en respectant notre environnement, car seul un agroécosystème sain et résilient sera capable de remplir ses fonctions écologiques de pollinisation, de contrôle des ravageurs de culture et de filtration de notre eau et de l’air que nous respirons.

Que fera notre canton? Force est de constater que les arguments mis en avant n’ont pas suffi à convaincre. Nos autorités semblent penser que les efforts consentis en viticulture et en agriculture sont suffisants et que le canton n’a pas les ressources et les compétences pour aborder une telle problématique.

Sur ce dernier point, espérons que les nombreux agriculteurs et viticulteurs se tournant vers un système de production respectueux de l’environnement continueront à démontrer qu’il est possible de se passer de pesticides et qu’une agriculture biologique est synonyme d’innovation et d’opportunités.

Espérons un vote positif du Grand Conseil! Je suis convaincu que nous oserons aborder ces questions de société sans s’enfermer dans nos silos disciplinaires, en misant sur les compétences des praticiens, des conseillers agricoles et de chercheurs de différentes disciplines, nombreux à Neuchâtel, pour réfléchir, ensemble, à ces questions.


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