Eclairage
 17.02.2020, 17:00

Eclairage: «Parfait agresseur et parfaite victime: le mythe»

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Manifestation à Neuchâtel en 2018 à l’occasion de la Journée internationale contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes.

Violence Nos journalistes mettent en perspective des sujets d’actualité. Aujourd’hui, Vicky Huguelet évoque la culture du viol.

«Culture du viol». Les termes sont forts. Ils évoquent une société où le viol serait une normalité, voire une fierté qu’on entretiendrait. En réalité, ce concept sociologique va plus loin: «Il englobe des comportements plus courants et banalisés touchant aux violences sexistes et sexuelles», explique Valérie Vuille, directrice de l’association romande DécadréE, qui promeut l’égalité dans la presse.

Des exemples? «La Belle au bois dormant», qui se fait embrasser sans qu’on lui demande son avis. Le viol de Daenerys Targaryen par son mari Khal Drogo dans «Game of Thrones». La théorie selon laquelle un homme multipliant les conquêtes est un Don Juan, alors qu’une femme qui fait la même chose est une «salope».

Plus largement, on apprend aux petites filles qu’elles doivent faire attention à ne pas se faire violer, plus rarement aux petits garçons à ne pas violer. Eh oui: pas besoin d’aller jusqu’en Inde pour faire face à une «culture du viol». Bien que ce concept diffère selon les sociétés et évolue dans le temps.

Il y a un large fossé entre drague et harcèlement.

«Nous sommes construits dans cette culture du viol. Elle nous dit qu’il est normal qu’une femme ait une sexualité cachée, qu’elle se refuse. Et qu’il est normal pour un homme d’avoir une sexualité pleine, multiple. Il devrait ainsi insister et la femme se faire désirer. Cela crée un flou entre consentement et refus qui, pourtant, n’existe pas», ajoute Valérie Vuille.

Souvenez-vous lors des dénonciations de #metoo et #balancetonporc: de nombreux hommes ont estimé ne plus pouvoir draguer en paix. Pourtant, il y a un large fossé entre drague et harcèlement. Le problème est que notre société considère l’homme comme un animal sauvage incapable de se contrôler et la femme comme celle qui doit maintenir l’ordre et rester sage. Le parfait agresseur et la parfaite victime.

Afin d’être certaine que la violence ne s’abatte pas sur elle, la femme devrait adopter certains comportements et en éviter d’autres. Elle serait donc responsable de ce qui lui arrive et on n’hésite pas à la culpabiliser si elle se fait violer: «Tu portais une minijupe»; «Tu te baladais seule dans la rue»; «Tu as parlé de sexualité»…

Pourtant, en Suisse, la grande majorité des très fortes violences sont conjugales. Une femme risque davantage d’être agressée par son mari que par un psychopathe armé d’un couteau dans la rue. Ce n’est pas la violence qui détermine s’il s’agit d’un viol ou non. Mais le consentement.


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