Eclairage
 16.10.2019, 17:00

Eclairage: «Le football, facteur d’émancipation en Iran»

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Pour la première fois depuis 40 ans, des Iraniennes ont pu, la semaine dernière, assisté à un match de football.

Société Nos journalistes mettent en perspective des sujets d’actualité régionale, sportive, nationale ou internationale avec des analyses ou des éclairages. Aujourd’hui, Daniel Droz évoque les femmes, l’Iran et le football.

Le football, un terrain des luttes sociales et politiques? Aujourd’hui, en Iran, les femmes le démontrent. L’image a fait le tour du monde. La semaine dernière, environ 3500 d’entre elles ont pu assister à un match opposant leur équipe nationale masculine au Cambodge. Une première depuis 40 ans et l’instauration de la République islamique.

Sahar Kohdayari, 29 ans, n’a pas pu s’y rendre. Un mois plus tôt, elle s’est immolée par le feu et est décédée de ses blessures. Son tort? Elle risquait d’être condamnée à la prison pour avoir tenté d’entrer au stade en se déguisant en homme. Cet événement malheureux en dit long sur le pouvoir de nuisance du régime patriarcal en place et des pressions qu’il exerce sur les esprits.

Se rendre librement au match de foot n’est-il donc pas un caprice au regard de toutes les inégalités frappant les Iraniennes? Au contraire, répond le quotidien anglais «The Guardian». «C’est une campagne qui représente plus que le droit de regarder le football», lit-on dans ses colonnes. «Elle remet en question les attitudes enracinées dans la société iranienne, conteste l’exclusion des femmes des espaces publics, dénonce la méchanceté avec laquelle l’Etat, les instituts religieux et leurs représentants vont réprimer le changement et agit comme un modèle pour les autres mouvements et campagnes qui émergent dans ce pays.»

«Vivre Football» – le slogan de l’association – ne se traduit pas de la même manière aux quatre coins de la planète.

Auteur d’un ouvrage sur le ballon rond – «Histoire populaire du football» (éditions La Découverte) –, le journaliste Mickaël Correia est sur la même longueur d’onde. Ce sport est «un puissant instrument d’émancipation pour les ouvriers, les féministes, les militants anticolonialistes, les jeunes des quartiers populaires et les contestataires du monde entier.»

On s’en doute, tenante d’un apolitisme plus ou moins rigoureux, la Fifa, la toute puissante association qui règne sur le foot mondial, ne partage pas ces points de vue. De plus, elle verra, dans la timide ouverture des mollahs, les fruits de sa pression «diplomatique».

Sans vouloir revenir ici sur la longue liste des reproches qui lui sont faits, force est tout de même de constater que la Fifa n’a jamais brillé pas par sa volonté de rappeler quelques principes prépondérants à ses membres.

«Vivre Football» – le slogan de l’association – ne se traduit pas de la même manière aux quatre coins de la planète.

 


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