Eclairage
 30.05.2018, 17:00

Eclairage: "L'Europe des Lumières en jeu"

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Les propos d'un commissaire européen sur la situation en Italie n'ont fait qu'exacerber les partisans du mouvement 5 Etoiles.

Politique Nos journalistes mettent en perspective des sujets d'actualité régionale, nationale ou internationale avec des analyses ou des éclairages. Aujourd'hui, Daniel Droz revient sur l'Italie et l'Europe.

L’Union européenne laisse l’Italie se débrouiller avec les réfugiés qui débarquent sur ses plages. La voici maintenant qui, en termes à peine plus châtiés et par la voix d’un de ses commissaires, assure que «les marchés vont apprendre aux Italiens à bien voter». Le démocrate-chrétien allemand Günther Oettinger s’est immédiatement fait recadrer par le président Jean-Claude Juncker.

Le mal n’en est pas moins fait. Et, sans partager les thèses populistes, nous comprenons la rogne des Transalpins.

L’idée européenne, tel qu’imaginée par ses pères fondateurs et développée par leurs successeurs, n’est plus porteuse d’espoir. Dans tous les cas, telle qu’elle est diffusée aujourd’hui. L’impression d’un diktat des marchés prédomine. La Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne: chacun à sa manière est passé sous les fourches caudines des plans de restructuration de sa dette. Ceux-ci sont humiliants à plus d’un titre et paupérisent davantage encore les plus fragiles. Les vrais coupables échappent généralement à toute peine.

Cette mise au point s’impose. Elle ne doit cependant pas occulter le fait que le populisme – sous quelle que forme que ce soit – se régénère sur tout le continent. Il y a un peu plus d’une année, Marine Le Pen était au second tour de la présidentielle en France. En Allemagne, l’extrême-droite a fait une percée électorale remarquée, pour ne pas dire historique. 

En Hongrie, en Pologne, notamment, les partis au pouvoir prônent un retour en arrière sur le plan des libertés individuelles et le repli sur soi. Sans oublier le Royaume-Uni, qui a choisi, en juin 2016, de quitter l’Union européenne.

Ces résultats électoraux, ces dérives ne profitent ni à l’Europe ni aux pays concernés. Par contre, ils font le jeu de la Russie de Poutine, des Etats-Unis de Donald Trump et, dans une moindre mesure, de la Chine de Xi Jinping.

Aujourd’hui, nous ne voyons pas d’où pourrait venir un semblant d’espoir. 

Bienveillante avec les immigrés il y a deux ans, la chancelière allemande Angela Merkel a fait quelques pas de recul. Les appels incessants à l’union d’Emmanuel Macron restent lettre morte. Pourtant, comme l’écrit «Le Monde», «ce qui est en jeu, ce n’est rien de moins que l’héritage de l’Europe des Lumières.»


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