Eclairage

Eclairage: «Empire byzantin, si lointain et pourtant si proche»

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Histoire Des universitaires nous éclairent sur des sujets d’actualité, de société ou de recherche. Aujourd’hui, Barthélemy Droz, doctorant en histoire de l’art à l’Université de Neuchâtel, évoque l’histoire millénaire de l’Empire byzantin.

 29.04.2019, 12:00
Istanbul, autrefois Constantinople, a été la capitale de l'Empire byzantin pendant un millénaire.

«La chute de Constantinople est un malheur personnel qui nous est arrivé la semaine dernière.» Ainsi s’exprimait, quelques siècles plus tard, un descendant de la famille princière roumaine des Bibesco.

S’il y a bien des dates qui demeurent dans l’inconscient collectif, le 29 mai 1453 marquant la prise de la capitale de l’Empire romain d’Orient (dit byzantin ultérieurement) par les Turcs ottomans en est assurément une!

Les savants et lettrés grecs qui échappèrent au péril du Croissant, en se réfugiant avec leurs précieux manuscrits en Europe, contribuèrent au mouvement de la Renaissance.

A l’heure où l’homme fort du Bosphore, sémaphore de l’islamisme, souhaite transformer Sainte-Sophie, la plus grande église médiévale, en mosquée, il n’est pas inintéressant de se replonger dans ce que fut l’Empire byzantin, à savoir un corps grec dont l’ossature était romaine et l’âme chrétienne.

L’empire n’était ni européen ni asiatique: il était au-delà.

A l’image de son emblème, l’aigle bicéphale portant son regard tout à la fois sur l’Occident et sur l’Orient, l’empire n’était ni européen ni asiatique; il était au-delà.

Tandis qu’au 5e siècle, Rome s’effondrait, Constantinople restait le sanctuaire du prestigieux passé grec et romain. D’abord en le conservant, puis en le transmettant, nul autre Empire n’a eu autant de mérite dans l’histoire de la civilisation.

Résistant pendant des siècles à d’innombrables envahisseurs, il fut le rempart d’un Occident qui le lui rendit plutôt mal. Pourtant, c’est grâce à une princesse byzantine que la fourchette, marque de civilité à table, fut introduite en Europe.

Empire du Christ, Byzance évangélisa les Slaves qui lui sont redevables de la création de l’alphabet cyrillique. En Italie, si Ravenne lui doit ses fameuses basiliques aux mosaïques étincelantes, Gènes et Venise ont hérité de son génie diplomatique.

Le secret de cette longévité de près de 1000 ans réside dans ce que je qualifierais d’empire des paradoxes entre la force et l’esprit, le centralisme et les constitutions provinciales et une société pour laquelle la maîtrise des lettres n’allait pas sans la maîtrise des armes, à l’image du dernier empereur, Constantin XI Paléologue, dont Paul Morand écrira qu’en défendant héroïquement sa cité, «il a giflé la mort».


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