Eclairage
 20.02.2019, 12:03

Eclairage: «De l’art de la guerre et des armes chez les Celtes»

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Une collection d'armes celtiques au Laténium à Hauterive.

Histoire Des universitaires nous éclairent sur des sujets d’actualité, de société, ou de recherche. Aujourd’hui, Guillaume Reich, docteur en archéologie, de l’Université de Strasbourg et de Neuchâtel, évoque les Celtes, leurs armes et leur tactique militaire au temps de La Tène.

C’est au cours de l’âge du Fer (environ 800 à – 25 avant notre ère) que surviennent un grand nombre d’innovations technologiques en rapport avec ce métal. Son usage se répand progressivement dans la société, d’abord pour les armes et les parures, puis pour l’outillage, la quincaillerie ou la vaisselle. L’usage des alliages ferreux vient révolutionner les sociétés protohistoriques, surtout dans le domaine de la guerre.

L’armement laténien a souvent été abordé comme un objet «figé», qu’on peut placer dans des typo-chronologies savantes, dont les formes sont des aléas plus esthétiques qu’utilitaires. Pourtant, il est préférable de l’appréhender de manière fonctionnelle: les variations morphologiques sont le fruit d’une longue maturation issue des champs de bataille. Pas de place pour le hasard!

Si des chercheurs ont esquissé une approche des techniques martiales gauloises ces trois dernières décennies, ce n’est que depuis peu que l’on s’autorise à recourir à d’autres champs disciplinaires que l’archéologie ou les textes antiques pour mieux connaître l’utilisation des armes.

 

L’art de la guerre chez les Celtes est bien éloigné du cliché du combat désorganisé et inefficace.


En m’appuyant sur le corpus des armes de La Tène (site neuchâtelois, éponyme du Second Age du Fer), j’ai proposé de compléter cette vision classique par les apports d’autres méthodes scientifiques: la tracéologie (étude des traces, inspirée tant des recherches sur les silex préhistoriques que par les méthodes de la police scientifique), l’archéologie expérimentale (utilisation de fac-similés pour retrouver les gestes des combattants), les mathématiques appliquées (les capacités intrinsèques des armes), la biomécanique (les lois fondamentales du corps) ou encore l’étude de stigmates sur les os humains (anthropologie, médecine légale).

Ces premières investigations sont déjà sans équivoque: l’art de la guerre chez les Celtes est bien éloigné du cliché du combat désorganisé et inefficace. Les anciens Grecs et Romains louaient déjà les vertus militaires des guerriers gaulois.

Nous pouvons désormais affirmer que les techniques martiales laténiennes préfigurent les arts de la guerre qui émergeront au cours de l’Antiquité et du Moyen Age en Europe.


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