Eclairage
 20.06.2018, 16:00

Eclairage: "America First ou le rejet du dialogue multilatéral"

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Nikki Haley, l'ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, lors d'une session du Conseil des droits de l'homme début juin à Genève. Washington a annoncé son retrait de cet organe de l'ONU.

Diplomatie Nos journalistes mettent en perspective des sujets d'actualité régionale, nationale ou internationale avec des analyses ou des éclairages. Aujourd'hui, Daniel Droz évoque le retrait des Etats-Unis d'organes et d'accords internationaux.

Les Etats-Unis quittent le Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Cette décision unilatérale rallonge la liste des désengagements de Washington en matière de coopération internationale. L’accord de libre-échange transpacifique, ceux de Paris sur le climat et sur le nucléaire iranien, sans oublier l’Unesco, ont déjà pâti de retraits décidés par l’administration Trump.

Le locataire de la Maison-Blanche et ces sbires – est-ce vraiment une surprise? – privilégient l’unilatéralisme et, dans certains cas, l’isolationnisme. L’introduction de nouvelles taxes douanières en est le parfait exemple.

Chantres du multilatéralisme, les partenaires des Etats-Unis, l’Europe en tête, semblent déboussolés. Ils n’ont pas encore trouvé la parade à une attitude qui met au placard plus de 70 ans de relations internationales.

Le multilatéralisme remonte, en termes de philosophie, au siècle des Lumières. Il a été utilisé pour fonder les ordres européens successifs depuis le 17e siècle. De la paix de Westphalie, qui a mis fin à la guerre de Trente ans en 1648, au Congrès de Vienne, en 1814, à la suite de la défaite napoléonienne.

Avant tout sous l’impulsion des Etats-Unis, il a ensuite été développé à partir de la fin de la Première Guerre mondiale en 1918 avec la création, notamment, de la Société des nations. Plus encore, il a été renforcé avec la fondation des Nations unies en 1945 au sortir de la second conflit mondial.

Pour Donald Trump, négocier à plus de trois pour définir des règles communes n’a donc plus aucun sens. Ce n’est pas une première pour un président des Etats-Unis, mais il le fait de manière plus brutale que certains de ses prédécesseurs.

Le politologue Guillaume Devin, en 2004, rappelait, à propos des Etats-Unis, «qu’au cours d’une histoire nationale pensée en termes d’excellence, l’engagement multilatéral n’est pas perçu comme un recours obligé: il doit servir et reste, par conséquent, assez volatil». En gros, Washington privilégie le retrait pour préserver son modèle de «nation exceptionnelle et indispensable» ou s’engage de manière multilatérale pour l’exporter.

Pas sûr que Donald Trump pousse la réflexion aussi loin. Mais son «America First» – «l’Amérique d’abord» – résonne assez pour que tout le monde comprenne.


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